Toute la lyre, 1893· VII
XII. « À l'âge des bergeries »
À l'âge des bergeries,Quand les lèvres sont fleuries,Nous errions loin des prairies,Lise et moi, dans le hallier ;Lise, au vent livrant sa tresse,Moi, tremblant d'une caresse ;La maîtresse,L'écolier.
Voyant la nuit prête à naître,J'osai ne plus me connaître,Je pris un baiser peut-être ;Un vieux frêne soupira ;La république des bêtesChantait, moineaux et fauvettes,Sur nos têtes,Ça ira !
Le soir répandait ses brumes.Doux amour, tu nous consumes !Tout à coup nous aperçûmes(Était-ce un bouc ? je le crois)Dans la sauge et la joubarbe,O conteur du roi de Garbe !Une barbeDans le bois !
Moi qui connais mon TityreEt qu'Horace aux champs attire,Je criai : C'est un satyre !Lise dit : C'est un sapeur !Sans plus nous en rendre compte,Nous fuîmes ; elle moins prompte ;Elle eut honte,Et j'eus peur.
L'âpre forêt taciturneA dans son ombre nocturneTous les fantômes, Saturne,Faune, Irmensul, Urian ;D'une vague horreur couverte,La grande Dryade verteDéconcerte.Florian.
8 février 1855.
Versification
- Forme
- 5 huitains (huitains)
- Rimes
- 5(aaabcccb)
- Mètre
- Heptasyllabes et trisyllabes (30 de 7, 10 de 3)· profil 3, 7
- Strophes
- 5 huitains
- Mots à la rime
- a bergeries / fleuries / prairies féminine, classiqueb hallier / L'écolier masculine, classiquec tresse / caresse / maîtresse féminine, classiquea naître / connaître / peut-être féminine, classiqueb soupira / ira masculine, classiquec bêtes / fauvettes / têtes féminine, classiquea brumes / consumes / aperçûmes féminine, classiqueb crois / bois masculine, classiquec joubarbe / Garbe / barbe féminine, classiquea Tityre / attire / satyre féminine, classiqueb sapeur / peur masculine, classiquec compte / prompte / honte féminine, classiquea taciturne / nocturne / Saturne féminine, classiqueb Urian / Florian masculine, classiquec couverte / verte / Déconcerte féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
40 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins ‒ Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources