Toute la lyre, 1893· III
XXVII. À paul m
Paul, je connais si bien‖ l'autre côté des chosesQue toujours je regarde‖ en mes apothéosesLa hauteur du rocher‖ d'où je devrai tomber ;Le sort change, — je l’ai subi sans me courber,Une femme en squelette,‖ un palais en masure ;Et c'est pourquoi, passant‖ fraternel, je mesure,Souriant et pensif,‖ sans retirer ma main,À l'amour d'aujourd'hui‖ la haine de demain.Aux éblouissements‖ de l'aube je calculeLa morne hostilité‖ qu'aura le crépuscule ;Qui ne fut point haï‖ n'a vécu qu'à demi ;Et, tâchant d'être bon,‖ je laisse, ô mon ami,Passer l'un après l'autre,‖ en cette ombre où nous sommes,Tous les faux lendemains‖ de la terre et des hommes,Sûr de ce lendemain‖ immense du ciel bleuQu'on appelle la mort‖ et que j'appelle Dieu.
2 septembre 1872.
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 8((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a choses / apothéoses féminine, classiqueb tomber / courber masculine, classiquec masure / mesure féminine, classiqued main / demain masculine, classiquee calcule / crépuscule féminine, classiquef demi / ami masculine, classiqueg sommes / hommes féminine, classiqueh bleu / Dieu masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins ‒ Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources