Toute la lyre, 1893· V
III. À une religieuse
Dans vos dévotions‖ que comprend ma pensée,Ne vous détournez pas‖ comme une âme blessée,Sainte fille du ciel,‖ oh non ! je n'ai pas ri.Mon cœur d'un Dieu rêveur‖ de tout temps fut l'abri.Et ce que je vénère‖ avant tout dans ce mondeC'est l'homme, raison calme‖ et passion profonde,Qui fait la part de tout,‖ à toute heure, en tout lieu,Debout devant le sort ;‖ à genoux devant Dieu.Voyez-vous, je suis né‖ sous des regards austères ;Et ma joie ingénue‖ en de graves mystèresA souvent regardé‖ sans risée et sans peur.La belle enfance, ainsi‖ qu'une blanche vapeur,Toujours dans notre esprit‖ reparaît et surnage ;Et moi, je m'en souviens,‖ jouant dans mon jeune âgeAvec mon frère Eugène,‖ avec mon frère Abel,Mêlant ma voix aux leurs,‖ innocente Babel,Tout petit, j'ai rempli‖ de chansons enfantinesLe saint cloître où jadis‖ priaient les Feuillantines.
25 juin 1837.
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 9((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a pensée / blessée féminine, classiqueb ri / l'abri masculine, classiquec monde / profonde féminine, classiqued lieu / Dieu masculine, classiquee austères / mystères féminine, classiquef peur / vapeur masculine, classiqueg surnage / âge féminine, classiqueh Abel / Babel masculine, classiquei enfantines / Feuillantines féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins ‒ Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources