Toute la lyre, 1893· V
XXXI. Calomnié
Un trop lourd projectile‖ a peine à s'élever ;Trop d'intervalle empêche‖ un caillou d'arriver ;Une sphère, lapide,‖ en vain, une autre sphère.Sachez que le premier‖ grimaud venu peut faireDes mensonges abjects‖ qui jusqu'au soir vivront,Mais qu'il est malaisé‖ de jeter un affront,Assez haut pour qu'il aille‖ atteindre un honnête homme.Un gueux se fait payer,‖ il empoche la somme ;Puis calomnie. Eh bien,‖ nul effet. Voyez-vous,Celui qui se sent juste,‖ et qui, sévère, est doux,Qui n'a jamais fait mal‖ qu'au mal, qui fut fidèleÀ l'honneur comme l'est‖ à son nid l'hirondelle,Qui pour combattre et puis‖ faire grâce, a vécu,Qui n'a jamais dit Non‖ à l'ennemi vaincu,Qui veut tous les devoirs‖ et ne veut aucun rôle,Peut défier la haine ;‖ et c'est pourquoi tel drôle,Vil, fait pour les bas-fonds‖ et non pour les sommets,Qui m'insulte toujours,‖ ne m'offense jamais.
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 9((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a s'élever / d'arriver masculine, classiqueb sphère / faire féminine, classiquec vivront / affront masculine, classiqued homme / somme féminine, classiquee Voyez-vous / doux masculine, classiquef fidèle / l'hirondelle féminine, classiqueg vécu / vaincu masculine, classiqueh rôle / drôle féminine, classiquei sommets / jamais masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins ‒ Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources