Toute la lyre, 1893· VI
XXVII. « J'avais dans ma mansarde un buste de Platon »
J'avais dans ma mansarde‖ un buste de Platon,— Ou d'Euclide — un vieux marbre‖ ayant barbe au menton,Et dans l'œil un regard‖ tout blanc, fixe et morose ;Or ce buste devint‖ amoureux d'une rose.Qu'au temps où des amours‖ je gazouillais l'argot,J'avais gaîment cueillie‖ au corset de Margot ;La rose auprès du buste‖ ornait ma cheminée ;Et le buste disait :‖ ô douce fleur fanée,Si j'étais homme et toi‖ femme, quels bons moments !Et comme nous ferions‖ une paire d'amants !La rose répondait :‖ ô le plus beau des marbres,Si nous étions oiseaux,‖ nous irions sous les arbres,Et dans les verts rameaux‖ tout pénétrés de jour,Nous bâtirions un nid‖ où chanterait l'amour !
Je tire de ceci‖ deux maximes fort justesNe point s'exagérer‖ la sagesse des bustes,Eussent-ils l'œil d'Euclide‖ et le nez de Platon,Et cueillir, quand on peut,‖ des fleurs sur Margoton.
Nuit du 13 au 14 janvier 1859.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 7((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques, 1 quatrain
- Mots à la rime
- a Platon / menton masculine, classiqueb morose / rose féminine, classiquec l'argot / Margot masculine, classiqued cheminée / fanée féminine, classiquee moments / d'amants masculine, classiquef marbres / arbres féminine, classiqueg jour / l'amour masculine, classiquea justes / bustes féminine, classiqueb Platon / Margoton masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins ‒ Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources