Toute la lyre, 1893· II
XIII. « Je me fais paysan comme eux. Cela te fâche »
Je me fais paysan‖ comme eux. Cela te fâche ?Non. Le cercle où chacun‖ se courbe sur sa tâche,L'homme tissant la paille‖ et la femme le fil,Où le travail fait grave‖ et doux chaque profil,Le soir, près du foyer‖ aux lueurs assoupies,À l'heure où l'on n'entend‖ que le vol noir des pies,Et de rares sabots‖ courant dans les sentiers,Les mains sur les genoux,‖ j'écoute volontiersLe racontage vrai‖ des amours de village :Comme Pierre et Toinon‖ s'adoraient avant l'âgeComme Anne était hardie‖ à douze ans, d'envierSa sœur Marthe embrassant‖ maître Yvon le bouvier ;Récit réel d'où sort‖ une odeur de feuillées,Et qui, soudain, au souffle‖ effaré des veillées,S'envole, comme au vent‖ la bulle de savonNuance d'arc-en-ciel,‖ Marthe embrassant Yvon,Perd toute forme humaine,‖ enfle, et se dégingande,En conte où Puck badine‖ avec la fée Urgande.
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 9((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a fâche / tâche féminine, classiqueb fil / profil masculine, classiquec assoupies / pies féminine, classiqued sentiers / volontiers masculine, classiquee village / l'âge féminine, classiquef d'envier / bouvier masculine, classiqueg feuillées / veillées féminine, classiqueh savon / Yvon masculine, classiquei dégingande / Urgande féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins ‒ Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources