Toute la lyre, 1893· II
XVIII. L’été à Coutances
Ah ! l'équinoxe cherche noiseAu solstice, et ce juin charmantNous offre une bise sournoise ;L'été de Neustrie est normand !
Notre été chicane et querelle ;Son sourire aime à nous leurrer ;Il se, rétracte ; il tonne, il grêle ;Il pleut, manière de pleurer.
Mais qu'importe ! entre deux orages,Ses rayons glissent, fiers vainqueurs,Et la pourpre est dans les nuages,Et le triomphe est dans les cœurs.
Cette grande herbe est mon empire.Je suis l'amant mystérieuxDe l'âme obscure qui soupireAu fond des bois, au fond des cieux !
Je suis roi chez les fleurs vermeilles.Quelle extase d'être mêléAux oiseaux, aux vents, aux abeilles,Au vague essor du monde ailé !
L'arbre creux vous offre une chaise ;L'iris vous suit de son œil bleu ;On contemple ; il semble qu'on baiseLe bord de la robe de Dieu.
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a noise / sournoise féminine, classiqueb charmant / normand masculine, classiquea querelle / grêle féminine, classiqueb leurrer / pleurer masculine, classiquea orages / nuages féminine, classiqueb vainqueurs / cœurs masculine, classiquea empire / soupire féminine, classiqueb mystérieux / cieux masculine, classiquea vermeilles / abeilles féminine, classiqueb mêlé / ailé masculine, classiquea chaise / baise féminine, classiqueb bleu / Dieu masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins ‒ Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources