Toute la lyre, 1893· I
XXXVI. « Les mères ont senti tressaillir leurs entrailles »
Les mères ont senti‖ tressaillir leurs entrailles.Les lourds caissons chargés‖ de boîtes à mitraillesCourent, et l'on dirait‖ qu'ils bondissent joyeux.Le peuple de Paris,‖ pensif, les suit des yeuxEt s'en va par les quais‖ vers les Champs-Élysées.On ferme les maisons,‖ on se penche aux croisées ;La cohue en haillons,‖ morne comme la nuit,Marche, grossit, s'avance,‖ et l'on entend le bruitQue font les bataillons‖ et les cavaleries.Elle passe, sinistre,‖ auprès des Tuileries.Oh ! de ceux qui s'en vont,‖ rêvant, par ce chemin,Combien ne verront pas‖ le soleil de demain !Dans cette multitude‖ aux pantomimes sombresCombien parlent encor‖ qui déjà sont des ombres !Guerre civile ! émeute !‖ ô deuil ! combien ce soirAuront pour dernier lit‖ le pavé froid et noir !
22 février 1848.
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 8((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a entrailles / mitrailles féminine, classiqueb joyeux / yeux masculine, classiquec Champs-Élysées / croisées féminine, classiqued nuit / bruit masculine, classiquee cavaleries / Tuileries féminine, classiquef chemin / demain masculine, classiqueg sombres / ombres féminine, classiqueh soir / noir masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins ‒ Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources