Toute la lyre, 1893· La corde d’airain
XIII. « Ô royauté ! tas d'ombre ! amas d'horreur, d'effroi »
Ô royauté ! tas d'ombre !‖ amas d'horreur, d'effroi ;De crime, formidable‖ au peuple, puis au roi,Aveuglant les yeux qui le voient,Plein de spectres, semblable‖ aux visions d'Endor !On n'y distingue rien‖ qu'une couronne d'orDont les vagues fleurons flamboient.
Tempête d'ignorance,‖ et de haine, et de nuit,Où se heurtent chevaux,‖ hommes, glaive qui luit,Canon grondant, clairon sonore ! —Brume affreuse, pareille‖ aux faces du tombeau,Qui fait, comme une bouche‖ éteignant un flambeau,Souffler l'ouragan sur l'aurore !
Lourd nuage, épandu‖ sur les siècles tremblants,D'où, quand il a pesé‖ sur l'homme deux mille ans,Et sur le peuple, flot qui roule,On voit, après le bruit‖ que fait un tombereau,Sortir soudain le poing‖ sinistre du bourreauMontrant une tête à la foule !
Versification
- Forme
- 3 sizains (sizains)
- Rimes
- 3(aabccb)
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (12 de 12, 6 de 8)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 3 sizains
- Mots à la rime
- a d'effroi / roi masculine, classiqueb voient / flamboient féminine, classiquec d'Endor / d'or masculine, classiquea nuit / luit masculine, classiqueb sonore / l'aurore féminine, classiquec tombeau / flambeau masculine, classiquea tremblants / ans masculine, classiqueb roule / foule féminine, classiquec tombereau / bourreau masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins ‒ Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources