Toute la lyre, 1893· III
XXXIV. « Quand l'honneur est tombé, rien ne reste debout »
Quand l'honneur est tombé,‖ rien ne reste debout.On s'avilit, qu'importe !‖ on s'accoutume à tout,Aux lâches actions‖ comme aux paroles louches.On laisse aller son nom‖ au hasard dans les bouches.On descend chaque jour,‖ sans remords, sans appuis,Plus bas, un peu plus bas,‖ toujours plus bas, et puisOn ne s'aperçoit plus‖ qu'on monte ou qu'on descende.Il arrive un moment‖ où la honte est si grandeQu'on ne fait même pas‖ d'efforts pour en sortir.C'est le dernier degré‖ de ne la plus sentir.Quand on ne rougit plus‖ et lorsqu'on rit sans cesse,C'est que l'on a touché‖ le fond de la bassesse ;C'est qu'on se trouvé là‖ comme sur un plancher,Et qu'on est satisfait‖ d'y vivre et d'y marcher.Alors tout est fini.‖ Plus d'espoir, plus de crainte.La dernière lueur‖ des âmes est éteinte.On est naïvement‖ un monstrueux gredin.L'opprobre ; le dégoût,‖ le mépris, le dédain,Devient si naturel‖ aux hommes comme aux femmesQu'ils en sont à ne plus‖ savoir qu'ils sont infâmes !
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 10((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a debout / tout masculine, classiqueb louches / bouches féminine, classiquec appuis / puis masculine, classiqued descende / grande féminine, classiquee sortir / sentir masculine, classiquef cesse / bassesse féminine, classiqueg plancher / marcher masculine, classiqueh crainte / éteinte féminine, classiquei gredin / dédain masculine, classiquej femmes / infâmes féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins ‒ Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources