Toute la lyre, 1893· VI
XXIII. Quinze-vingt
Nous étions seuls dans l'ombre‖ et l'extase suprême.Elle disait : je t'aime !‖ et je disais je t'aime !Elle disait : toujours !‖ et je disais : toujours !Elle ajoutait : nos cœurs‖ sont époux ; nos amoursVaincront la destinée,‖ et rien ne me tourmente,Étant, toi le plus fort‖ et moi la plus aimante.Et moi, je reprenais :‖ la ville est sombre, vois.La sagesse serait‖ de vivre dans les bois.Elle me répondait :‖ vivons-y, soyons sages.
Si vous voulez savoir‖ le chiffre de nos âges,Elle quinze, et moi vingt :‖ à nous deux nous faisionsUn aveugle, et nos Yeux‖ étaient pleins de rayons.
13 juin 1855.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 6((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a suprême / t'aime féminine, classiqueb toujours / amours masculine, classiquec tourmente / aimante féminine, classiqued vois / bois masculine, classiquee sages / âges féminine, classiqueb faisions / rayons masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
12 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, collection Bouquins ‒ Robert Laffont, 1986· numérisation poesies.net· Sources