Vers, 1894· Deuxième partie
La Fièvre
Les genêts luisent dans‖ la lande désolée ;Sur l'ocre des coteaux‖ la bruyère est de sang :Mais tu ne peux guérir‖ mon cœur triste où descendLe souvenir de ma‖ pauvre enfance en allée.
Viens : elle est d'émeraude‖ et d'argent la vallée ;Douce comme ta voix,‖ l'eau chuchote en passant,Et clair comme ton rire‖ est l'angélus croissant ;Fraîche comme ta bouche‖ est la mousse mouillée.
J'ai la fièvre : Viens là,‖ près de ces romarins,Près de ce puits glacé‖ que ronge l'herbe fraîche ;Viens, pleurons et mourons,‖ fillette aux yeux sereins ;
Nous sommes las : moi, las‖ de sentir une brècheEn mon cœur mort d'amour‖ lors de son mois de mai,Toi, lasse en ton printemps‖ de n'avoir pas aimé.
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cddc efe fgg
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a désolée / allée féminine, classiqueb sang / descend masculine, non classiquea vallée / mouillée féminine, classiqueb passant / croissant masculine, classiquea romarins / sereins masculine, classiqueb fraîche / brèche féminine, classiqueb mai / aimé masculine, équivalente
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers, Paris, Paul Ollendorff, 1894· numérisation poesies.net· Sources