Vers, 1894· Deuxième partie
Les Bouquins
Tu me vois quelquefois‖ triste, énervé, grincheux,— Quand j'ai fumé surtout‖ mes pipes allemandesEn travaillant longtemps —‖ alors, tu me demandesD'où vient l'expression‖ si dure de mes yeux.
Tu me dis que mes grands‖ bouquins sont ennuyeuxComme les pins et leurs‖ petits pots dans les landes ;C'est vrai : viens… tes baisers‖ sont comme des amandes :Ils ont un parfum blanc :‖ ils sont délicieux.
T'aimer bien, ça vaut mieux‖ que de rimer des strophesOu que d'étudier‖ de tristes philosophes.Dans un livre savant,‖ hier soir, je lisais :
On y voulait prouver‖ d'une façon notoireQue la réalité n’est qu’« hallucinatoire » ;Je suis halluciné,‖ chère, par tes baisers.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a grincheux / yeux masculine, classiqueb allemandes / demandes féminine, classiquea ennuyeux / délicieux masculine, classiqueb landes / amandes féminine, classiquea strophes / philosophes féminine, classiqueb lisais / baisers masculine, classiquea notoire / hallucinatoire féminine, équivalente
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers, Paris, Paul Ollendorff, 1894· numérisation poesies.net· Sources