Les Épaves, 1876· Études poétiques
III. Le Cap
Cap sublime ! debout‖ sur tes crêtes ardues,J'aime à voir à tes pieds‖ les vagues éperduesSe briser, inondant‖ ton granit éternelD'une fumante écume‖ où flotte l'arc-en-ciel.Souvent, comme un troupeau‖ de sauvages cavales,Je les vois, secouant‖ leurs crinières rivales,Franchir tes blocs d'airain‖ dans leurs bonds orageux,Sur le sol immergé‖ rouler leurs flancs neigeux,Puis s'enfuir, et laisser‖ aux grèves de leurs plagesLa perle et les coraux,‖ l'ambre et les coquillages.
Les vierges, les enfants,‖ douce postérité,Vont glanant le trésor‖ par l'abîme apporté.
O poète ! cœur jeune,‖ esprit trempé de flamme,Des passions ainsi‖ le flot gronde en ton âme ;Mais que ta lèvre chante,‖ et tu verras, charmé,Vers les mers de l'oubli‖ rouler le flot calmé,Puis s'éteindre et laisser‖ après soi sur les sablesD'impérissables vers,‖ des chants impérissables.
Inspiré de Miçkiéwicz
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 5((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques, 1 distique, 1 sizain
- Mots à la rime
- a ardues / éperdues féminine, classiqueb éternel / l'arc-en-ciel masculine, classiquec cavales / rivales féminine, classiqued orageux / neigeux masculine, classiquee plages / coquillages féminine, classiquea postérité / apporté masculine, classiquea flamme / âme féminine, classiqueb charmé / calmé masculine, classiquec sables / impérissables féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
18 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poesies, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1896· numérisation poesies.net· Sources