Les Épaves, 1876· Études poétiques
VIII. Le Secret
Tu veux lire en mes yeux —‖ simplicité funeste ! —Quel secret douloureux‖ je porte au fond du cœur.Soit ! ma sincérité,‖ le seul bien qui me reste,Contre moi-même, enfant,‖ armera ta candeur.
Mortes sont les vertus‖ de mes vertes années !Dans leur sève j'ai vu‖ mes espoirs se flétrir :Un songe ardent brûla‖ mes fraîches destinées,Et mon cœur s'est fermé‖ pour ne se plus rouvrir !
Pure et suave enfant,‖ sœur des Grâces décentes,Ne sème point tes vœux‖ sur un sol dévasté !Dois-je, débris stérile‖ aux tristesses croissantes,Mêler ton rêve en fleur‖ à mon aridité ?
Ma tendresse au bonheur‖ ne te saurait conduire ;Même en tes yeux l'amour‖ me sourirait trop tard.Fait pour aimer, mon cœur‖ est trop haut pour séduire.D'un bien qu'il ne peut rendre‖ il ne veut point sa part.
A toi mon dévouaient !‖ ta belle âme en est digne ;Mais seul je veux porter‖ le poids des jours derniers.A quelque noble arbuste‖ enlace, ô jeune vigne !Ta tête virginale‖ aux rêves printaniers.
Ta place est au soleil ;‖ moi, la mienne est dans l'ombre.Fleuris dans la lumière,‖ âme aux espoirs si beaux !J'appartiens au passé :‖ laisse le cyprès sombreOmbrager de son deuil‖ la pierre des tombeaux !
Inspiré de Miçkiéwicz
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a funeste / reste féminine, classiqueb cœur / candeur masculine, classiquea années / destinées féminine, classiqueb flétrir / rouvrir masculine, classiquea décentes / croissantes féminine, classiqueb dévasté / aridité masculine, classiquea conduire / séduire féminine, classiqueb tard / part masculine, classiquea digne / vigne féminine, classiqueb derniers / printaniers masculine, classiquea l'ombre / sombre féminine, classiqueb beaux / tombeaux masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poesies, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1896· numérisation poesies.net· Sources