Les Épaves, 1876· Études poétiques
XIV. Le Soldat
On marche aux sons voilés‖ du tambour. Sur la plaineLe soleil luit ; l'oiseau‖ vole au bord du chemin.Oh ! que n'ai-je son aile !‖ oh ! que la vie est pleineDe tristesse ! Mon cœur‖ se brise dans mon sein.
Au monde je n'aimais‖ que lui, mon camarade,Que lui seul, et voici‖ qu'on le mène à la mort.Pour le voir fusiller‖ défile la parade ;Et c'est nous, pour tirer,‖ nous qu'a choisis le sort.
On arrive : ses yeux‖ contemplent la lumièreDe ce soleil de Dieu‖ qui monte dans le ciel…Mais d'un bandeau voici‖ qu'on couvre sa paupière :Dieu clément, donnez-lui‖ le repos éternel !
Nous sommes neuf en rang,‖ déjà prêts sous les armes.Huit balles l'ont blessé ;‖ la mienne, — de douleurLeurs mains tremblaient, leurs yeux‖ visaient mal sous les larmes, —La mienne l'a frappé‖ juste au milieu du cœur.
Imité de l’allemand
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a plaine / pleine féminine, classiqueb chemin / sein masculine, classiquea camarade / parade féminine, classiqueb mort / sort masculine, classiquea lumière / paupière féminine, classiqueb ciel / éternel masculine, classiquea armes / larmes féminine, classiqueb douleur / cœur masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poesies, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1896· numérisation poesies.net· Sources