Les Épaves, 1876· Les anacréontiques
IV. Sur Lui-même
Sur l'herbe de lotos semée,Sur les myrtes naissants‖ je veux boire couché.Dans l'or dont ma coupe est forméeQue l'Amour échanson,‖ à ma droite penché,Et son manteau de pourpre‖ à l'épaule attaché,Me verse une liqueur aimée !Je veux boire couché,‖ Bacchus ! ton frais nectar.L'heure est courte, l'homme éphémère ;La vie est prompte et fuit‖ rapide comme un char.De nos os dissous dans la terreIl ne reste après nous‖ qu'une aride poussière.Sur le sol à quoi bon‖ répandre les senteurs ?Pourquoi faire aux tombeaux‖ des libations vaines ?Puisque la vie encor‖ brûle et court en mes veines,Couvrez-moi de parfums,‖ couronnez-moi de fleurs,Appelez la blanche hétaïre !Des roses à mon front‖ et sous mes doigts la lyre,Je veux à mes riants accordsTromper l'heure, bannir‖ toute noire pensée,Avant d'aller, ombre glacée,Me mêler, à mon tour,‖ au chœur léger des morts.
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 1[ababba] 1[ababb] 2[abba] 1[aa]
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (13 de 12, 8 de 8)· profil 8, 6+6
- Mots à la rime
- a semée / formée / aimée féminine, classiqueb couché / penché / attaché masculine, classiquec nectar / char masculine, classiqued éphémère / terre / poussière féminine, classiquee senteurs / fleurs masculine, classiquef vaines / veines féminine, classiqueg hétaïre / lyre féminine, classiqueh accords / morts masculine, classiquei pensée / glacée féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
21 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poesies, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1896· numérisation poesies.net· Sources