Les Épaves, 1876· Les anacréontiques
XLII. Sur un Festin
Joyeux et du vin‖ chantant le délire,Célébrons Bacchus,‖ l'ami de la lyre,Le Dieu de la danse‖ à qui plaît le rire !Compagnon d'Éros,‖ amant de Cypris,Il donna le jour‖ aux belles Charis.Père de l'ivresse,‖ il verse en nos veines,Avec la santé,‖ ce premier des dons,La joie et l'oubli‖ des tristesses vaines.Que le blond éphèbe,‖ habile aux chansons,De nectar pourpré‖ m'emplisse un cratère,Aussitôt l'essaim‖ des pensers cuisantsSe dissipe et fuit‖ sur l'aile des vents.A quoi bon des jours‖ sonder le mystère ?A quoi bon se plaindre ?‖ à quoi bon gémir ?Vidons en riant‖ la coupe éphémère !Avant que la mort‖ me vienne endormir,Je veux, Dieu du vin,‖ mêler ma vieillesseAu groupe dansant‖ des jeunes beautés.A qui s'y complaît‖ laissons la tristesse !Épanchant notre âme‖ en douces gaîtés,Chantons Lyæus,‖ l'ami de la Lyre !Chantons sa liqueur‖ au brillant délire !
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 1[aaa] 2[aa] 2[abab] 1[abbacac]
- Mètre
- Décasyllabes· profil 5+5
- Mots à la rime
- a délire / lyre / rire féminine, classiqueb Cypris / Charis masculine, classiquec veines / vaines féminine, classiqued dons / chansons masculine, classiquee cratère / mystère / éphémère féminine, classiquef cuisants / vents masculine, classiqueg gémir / endormir masculine, classiqueh vieillesse / tristesse féminine, classiquei beautés / gaîtés masculine, classiquej Lyre / délire féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
22 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poesies, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1896· numérisation poesies.net· Sources