Poèmes et Paysages, 1852· Poèmes et paysages
XLIX. Ma Fille
Première partie Le Berceau
Fraîche plante à la fraîche haleine,Fleur éclose sur mon écueil ;O toi qui de la vie à peineViens de franchir le triste seuil ;
Fragile enfant, jeune âme blanche,Premier bouton de mon été,Que Dieu suspendit à ma branchePour en voiler l'aridité ;
Douce ignorante de la vie,Pur vase à la pure liqueur,Dans mon ombre aube épanouiePour verser le jour à mon cœur ;
Sœur des anges au blond visage,Qui demi-nus, aux bords du ciel,Se bercent dans l'or d'un nuageSur les toiles de Raphaël ;
Esprit de quelque sphère heureuse,Qui sur les neiges de ton corpsGardes la trace lumineuseDu monde inconnu d'où tu sors ;
Toi qui de cette coupe amèreOù l'homme puise et se nourrit,Ne sais que le lait dont ta mèreBlanchit ta lèvre qui sourit ;
D'où vient, jeune âme à peine née,Qu'arbre penché sur l'arbrisseau,Sondant déjà ta destinée,Je rêve auprès de ton berceau ?
D'où vient qu'à l'heure des étoiles,Quand le sommeil est sur tes yeux,De ton sort entr'ouvrant les voiles,Je veille austère et soucieux ?
Pourtant tout te sourit, tout fête,Enfant, ta bienvenue au jour ;Pour baiser ta soyeuse têteLes anges quittent leur séjour.
Ta joue a l'incarnat des roses,Tes yeux ont la couleur du ciel,Et tes cheveux, boucles écloses,Sont doux et blonds comme le miel.
Sais-tu pourquoi mon âme est sombreEn évoquant ton avenir ?Pourquoi dans mes yeux baignés d'ombreJe sens presque des pleurs venir ?
C'est qu'à travers jeunesse et grâces,Moi qui sais la vie et ses pleurs,Je vois accourir sur tes tracesL'essaim des humaines douleurs.
Bientôt — peine cuisante et vive ! —Tes dents de perle au frais émailFeront, en ouvrant ta gencive,Pâlir tes lèvres de corail.
Faible, sur ta mère affaissée,Tu penches ton front abrité,Comme une tige qu'a blesséeLe dard brûlant d'un jour d'été.
Contre le sort frêle et sans armes,De ton mal tu te plains à Dieu ;Et le flot cuisant de tes larmesRuisselle sur ta joue en feu.
Ta mère, hélas ! la pauvre femme,Berce ton corps souffrant et cher ;Et moi je sens pleurer mon âmeEt gémir la chair de ma chair.
Oh ! quel spectacle pour nos doutes,Nous qu'oppresse un poids étouffant,Que des larmes à larges gouttesPleuvant des beaux yeux d'un enfant !
Dieu ! ta justice est un mystère !Les plantes, les oiseaux, les fleursAinsi que nous sur cette terre,Ne croissent point dans les douleurs.
Tout est heureux dans la nature,Tout vient et s'en va sans souffrir ;Et ta plus noble créatureSouffre pour naître et pour mourir !
Pourquoi faire souffrir l'enfance ?Seigneur ! quel est ton but caché ?Cet âge est faible et sans défense,Cet âge est blanc de tout péché !
Pourquoi dans un même anathème,Confondant nos jours désolés,Des pleurs infliger le baptêmeA ces beaux fronts immaculés ?
Hélas ! pourquoi te faire craindre ?Nés pour sourire et pour aimer,Ils sont sans force pour se plaindre,Comme sans voix pour blasphémer.
Vêtus de leur sainte innocence,D'un nimbe invisible embellis,Ils vivent nus en ta présence,Comme les anges et les lys.
Lacs de céleste azur dont l'ondeRéfléchit ta sérénité,Ils sont encor dignes d'un mondeJamais perdu ni racheté.
O souffrance ! breuvage austère,Coupe pleine de châtimentQue l'homme et l'enfant sur la terreDoivent vider également ;
Souffrance ! ta main est cruelle,Car tu frappes des mêmes coupsLe plus robuste et le plus frêle,Le plus méchant et le plus doux !
Deuxième partie L’Enfance
Mais déjà plus souple et plus belle,La tige commence à grandir ;Brisant son écorce rebelle,Du bouton la fleur va sortir.
O folle enfance ! ô tête blonde !Baisant tes yeux à leur réveil,En vain je boude, et je te gronde,Enfant, de courir au soleil ;
Toi, t'envolant avec l'aurore,Par nos vallons pleins de douceurs,Tu veux voir les bourgeons éclore,Avec les abeilles tes sœurs.
Quand l'aube à la molle paupière,Aux yeux d'azur comme la mer,Des flots lactés de sa lumièreBlanchit le cristal bleu de l'air ;
A l'heure où l'insecte qui rôdeSent le jour dorer ses habits,Où sur les feuilles d'émeraudeLuisent les mouches de rubis ;
A l'heure des chastes délices,Où tout renaît pour embaumer,Où les âmes et les calicesS'ouvrent pour vivre et pour aimer ;
Joyeuse, avant nous tu t'éveilles,Et tu vas au milieu des champsMêler à toutes ces merveillesTon âme, tes jeux et tes chants.
Du gazon verdoyant et lisseEffleurant l'humide velours,Fille de l'air et du caprice,Sans but, tu fuis, tu viens, tu cours.
Ainsi qu'un papillon de soieQui nage dans l'air transparent,Par la vallée où l'aube ondoie,Je vois passer ton vol errant.
L'herbe par le ciel arrosée,Et l'arbuste ami de tes jeux,Sèment leurs larmes de roséeSur les fils d'or de tes cheveux.
Là, parmi les vertes ramées,Tu vois, sur des rameaux pendants,De belles grappes parfuméesQui font rire tes belles dents.
Là, les bibaciers aux fleurs blanches,Chargés des gouttes de la nuit,Laissent pour toi choir de leurs branchesLes perles d'ambre de leur fruit.
Là, tu bois une eau vive et fraîche,Qui reflète en ses flots moirésTon beau visage au teint de pêcheEt tes yeux bleus aux cils dorés.
Ici, splendide comme un rêve,La plaine au jour vient de s'ouvrir ;Plaine où toute aile qui s'élèveSemble t'inviter à courir.
Ici, sur le bambou qui ploie,Roseau sonore et frémissant,Comme un cactus ardent, flamboieLe cardinal éblouissant.
Ici, l'arbre au superbe ombrage,Déployant ses larges rameaux,Berce au vent son vaste feuillageOù pendent des grappes d'oiseaux.
Ainsi tout t'appelle et t'enchante,Tout invite et séduit tes yeux,L'eau qui parle, le nid qui chante,Le soleil qui remplit les cieux.
O joie ! ô fleurs ! ô mélodie !Mais l'astre monte et, plus puissant,Au ciel que sa marche incendieRoule son disque incandescent.
Déjà dans les grands champs de cannes,Dans les déserts du firmament,Et sur les monts, dans les savanes,Déjà tout n'est qu'embrasement.
Nul vent, nul souffle qui balanceL'oiseau gazouillant sur l'épi :Partout plane un ardent silence,L'ardent silence de midi !
Sous le soleil, mornes et calmes,Les palmiers aux fronts panachésLaissent traîner leurs larges palmesSur les bœufs à leurs pieds couchés.
Cherchant l'ombre pour leurs paupières,Aux rayons pleuvant du zénithLe lézard glisse entre les pierres,Le bengali vole à son nid.
Dans l'arbre où sa voix se recueille,Le ramier n'a plus un soupir ;L'herbe même ferme sa feuille,Se penche et semble s'assoupir.
O poids du jour ! ô lassitude !Pâtres et fleurs ont clos les yeux.Le soleil dans sa plénitudeBrûle immobile au fond des cieux !
Mais, tandis que la plante et l'homme,Courbés sous un ciel étouffant,Par ce soleil font un doux somme,Toi, que fais-tu, ma douce enfant ?
Assise au plus creux des ravines,Près de quelque source où tu bois,Tu goûtes ces fraîcheurs divines,Mystère des eaux et des bois.
Du dôme épais que l'astre inonde,Mobile et vivant parasol,Filtre une clarté molle et blondeSur la mousse fine du sol.
Toi, du pied frappant l'eau captive,Tu troubles de tes joyeux bondsLa poule d'eau bleue et furtiveQui sommeille au milieu des joncs.
Folâtre, rieuse, éveillée,Glanant des fruits, cueillant des fleurs,Tu fais partir sous la feuilléeLe vol lourd des merles siffleurs.
Fraîche oasis, tiède Élysée,Oh ! ne versez, arbres cléments,Qu'une lumière tamiséeSur cette tête aux jeux charmants !
Cependant le soleil qui baisseDe moins de flamme emplit les airs ;Chargé d'arôme et de mollesse,Un vent plus frais souffle des mers.
Voici que le morne aux pics sombres,Debout là-bas comme une tour,Étend ses gigantesques ombresSur les savanes d'alentour.
Voici que le Blanc des montagnes,Le Blanc, effroi du Noir marron,Revient au loin par les campagnesVers les palmiers de sa maison.
Voici qu'aux feux crépusculaires,Des flots quittant les profondeurs,Vers les caps où pendent leurs airesRevolent les oiseaux pêcheurs.
Dans son lit de pourpre et de lameL'astre se couche, large et pur ;Avec lenteur son œil de flammeFerme ses paupières d'azur.
Tel qu'un grand vol d'esprits funèbres,Sur la terre où s'éteint tout bruit,D'un bond s'abattent les ténèbres…C'était le jour, et c'est la nuit.
Reine des soirs, vierge au front pâle,Fuyant son humide prison,Dans sa nef de nacre et d'opaleLa lune monte à l'horizon.
Salut à toi, beauté sereine,Rêveuse aux regards amollis !Verse-nous, verse, ô vierge-reine,Tes rayons blancs comme le lys !
Et le tableau s'éclaire et change,Et sous l'ambiante lueurTout se confond, tout se mélange,Ombre et contour, forme et couleur.
Et telles que des pâquerettes,Filles du nocturne zéphyr,Mille étoiles s'ouvrent discrètes,Blanches sur un champ de saphir.
Et tout est repos et mystère,Et le silence est solennel,Et l'on sent respirer la terre,Et l'on voit sourire le ciel.
Alors, à la chaste lumièreDes belles étoiles de Dieu,L'enfant au ciel fait sa prière,A son ange elle dit adieu,
Et, loin de tout souffle profane,Elle dort, rose de santé,D'un sommeil pur et diaphaneComme nos claires nuits d'été.
Oh ! dors ton sommeil d'innocence,Ce pur sommeil des heureux jours !Des bonheurs calmes de l'enfance,Vois-tu, l'on se souvient toujours.
Gerbes d'or ou gerbes fanées,Quelques épis qu'on glane ailleurs,Les épis des jeunes années,O ma fille ! sont les meilleurs.
Quand vient la vieillesse morose,Quand vient l'âge aux soucis rongeurs,Vers son enfance gaie et roseOn se tourne les yeux en pleurs.
Et l'on s'arrête avec envieA cet âge aimé du Sauveur,Qui joue aux portes de la vieSans se douter de son bonheur.
Chante, oiseau ! ton jour vient d'éclore.Vis dans les champs ! vis dans les bois !Sois jeune ! il en est temps encore.L'homme, hélas ! ne l'est qu'une fois.
Bientôt viendront les jours d'étudesLes jours d'école et de leçons.Adieu les vertes solitudes !Adieu la plaine et les buissons !
Alors, plus de jeux, plus de course !Il te faudra, dès le matin,Porter ton esprit à la sourceD'où coule le savoir humain.
Buvant de cette veine austèreLe flot lent et silencieux,Souvent à son eau salutaireSe mêlera l'eau de tes yeux.
Mais, crois-moi, tous tant que nous sommes,Nous fécondons avec nos pleurs ;Et le grain qui nourrit les hommesNe mûrit que par nos sueurs.
Va ! toute noble créatureDu travail connut les rigueurs ;Et l'étude est la nourritureDont s'alimentent les grands cœurs.
A sa clarté sereine et sûreElle agrandit notre horizon.Du cœur elle endort la blessureEn s'adressant à la raison.
Oh ! ne nous laissons point surprendrePar l'heure où rien ne peut germer.Il n'est qu'un âge pour apprendre,Comme il n'est qu'un temps pour semer.
Troisième partie L’Adolescence
Mais voici venir un autre âge :Déjà la sève au jet puissantÉclate en gerbes de feuillageAu front de l'arbre adolescent.
Déjà dans son nid qui chancelleL'oiseau, que l'ombre aime à voiler,Sent, avec sa force et son aile,Venir le temps de s'envoler.
Déjà la vierge humble et splendide,Cœur chaste au vent du ciel éclos,Sort de son enfance candideComme Vénus sortit des flots.
Jeune arbuste de mon parterre,Trop frêle encor pour les hivers,A quelle brise de la terreOuvriras-tu tes rameaux verts ?
Jeune oiseau que le ciel convie,Toi dont l'aile est si tendre encor,A quelle haleine de la vieDois-tu confier ton essor ?
Vierge de grâces couronnée,Tête, mes plus saintes amours,A quel vent de la destinée,Dis-moi, vas-tu livrer tes jours ?
Dans ton sort que je voudrais lire !Du travail subissant les lois,Est-ce l'aiguille, est-ce la lyre,Qui doit frémir entre tes doigts ?
Oh ! que ce soit plutôt l'aiguille !Borne ton vol et ton désir.La Muse a pour vivre, ô ma fille !Besoin d'air libre et de loisir.
Son noble sein qui nous épancheLe lait de l'âme et des accords,Coupe où du beau la soif s'étanche,N'apaise point la soif du corps.
Si la tige qui nourrit l'âmeMonte et fleurit en ses vallons,Le fruit que notre faim réclameNe germe point en ses sillons.
Son arbre grandit solitaire,Rien ne croît sous son dais vainqueur :Du laurier l'ombre est délétèreA toutes les plantes du cœur.
Amante inquiète et jalouse,Déesse et femme tour à tour,La Muse, à l'esprit qu'elle épouse,Demande un exclusif amour.
Dès qu'à son culte sans mélangeUn culte étranger veut s'unir,Fière, elle ouvre ses ailes d'angeEt part pour ne plus revenir.
Et l'esprit que son vol délaisse,Morne, au silence condamné,Se vêt de lierre et de tristesse,Ainsi qu'un temple abandonné.
Veuf et rêvant au divin hôteDont il a reçu les adieux,Il sent que sa voûte est trop hautePour qu'elle abrite de faux dieux.
La terre, où son labeur l'enchaîne,Lui prodigue en vain tout son miel ;Rien ne peut adoucir sa peineNi lui faire oublier son ciel.
Nouvel Adam après sa chute,Pleurant un Paradis perdu,Sur ce sol d'angoisse et de lutteIl jette un regard éperdu !
Ah ! se plier, superbe athlète,Aux lois de la nécessité !Courber sa pensée et sa têteAu joug de la réalité !
Au char des choses de la terreSe voir forcément atteler !Languir exilé de sa sphère ;Ramper, quand on pourrait voler !
Savoir que l'on porte en son âmeUn intarissable trésor,Et soi-même étouffer sa flamme,Tout perdre, faute d'un peu d'or !
Assister à son agonie,Compter ses heures par ses maux,Et voir l'arbre de son génieS'ébrancher rameaux à rameaux !
Sacrifier plus que sa vieSur l'autel de la pauvreté :Abraham de la poésie,Immoler sa postérité !
Sentir sous des serres cruellesMourir le dieu ! sentir et voirTomber les plumes de ses ailesSous le froid ciseau du devoir !
Sentir au charbon du prophèteS'ouvrir ses lèvres et ses yeux ;Se sentir créé pour le faîteEt végéter loin des hauts lieux !
Et vivre avec de petits hommes !Marcher dans leurs sentiers étroits !Grand Dieu ! pour ce peu que nous sommes,C'est trop d'une aussi lourde croix !
O ma fille ! ô ma bien-aimée,Blonde muse de ma maison,Au prisme de la renomméeFerme tes yeux et ta raison !
Si Dieu, — présent funeste et triste ! —T'illuminant d'un jour nouveau,Du rêve étoilé de l'artisteEmbrasait ton jeune cerveau ;
Voilant les dons que Dieu te garde,Cache à tous tes nobles penchants ;Et, la lèvre close, sois bardePar l'âme et non point par les chants !
Il est plus d'une voix profondeQui dut s'éteindre sans échos ;Il est plus d'un cœur dont ce mondeN'a jamais connu les sanglots.
Il est, il est bien des poètes,— Ce sont peut-être les meilleurs ! —Qui, brisant leurs plumes muettes,N'ont jamais écrit leurs douleurs.
Dédaigneux de se faire entendreA des cœurs stériles ou morts,Grands pour sentir et grands pour rendre,Ils ont étouffé leurs accords.
Esprits qu'un souffle large anime,Trop vrais pour un monde imposteur,Ils n'ont point à la foule infimeOuvert le livre de leur cœur.
En vain le dieu de l'harmonieDans leur sein grondait irrité,Ils ont gardé sur leur génieLe sceau de la virginité.
Et quand la tombe eut en ses voilesEndormi leurs têtes de feu,Dans le chœur sacré des étoilesIls sont allés chanter pour Dieu.
Envoi A Pierre Legras
Ainsi, pendant que l'ombre amiePlane paisible sur nos murs,Auprès de ma fille endormie,Je songe à ses destins futurs.
Rêveur tendre aux promptes alarmes,Je la suis dans ses pas divers,Et chaque goutte de mes larmesCoule et se cristallise en vers.
Mais dans quel sein, mais dans quelle urne,Mais dans quelle âme jeune encor,Poète, de mon chant nocturneVerser l'harmonieux trésor ?
Ami, que ce soit dans la vôtre,A vous qui, vivant à l'écart,Portez dans votre sein d'apôtreL'amour de l'enfance et de l'Art.
Votre nature exquise et tendreDes enfants comprend la candeur,Et chez vous le cœur sait entendreLes vers qui jaillissent du cœur.
Grand et simple, peu vous connaissent ;Mais moi, qui vous suis en tout lieu,Je sais qu'il est des lys qui naissentEt ne fleurissent que pour Dieu.
Votre âme sereine et voilée,A l'abri des vents importuns,Parmi ses sœurs de la vallée,Humble, est la plus riche en parfums.
Mais sobre au sein de l'opulence,Mais calme et clos dans sa pudeur,Votre esprit, amant du silence,Ne s'ouvre que pour le Seigneur.
Oh ! gardez votre solitude,Oh ! gardez votre obscurité,Modeste ami, sur qui l'étudeRépand sa féconde clarté !
Dans l'infortune ou dans la joie,Restez toujours épris du beau ;Et pour éclairer votre voie,Que l'Art vous serve de flambeau !
Aimez les livres et les roses,Aimez tout ce qui fait rêver,Les cieux, les bois, toutes ces chosesQue l'on ne saurait trop aimer !
Aimez l'homme pour sa tristesse,Et l'oiseau pour ses joyeux chants ;Mais plus que tout aimez sans cesseLa poésie et les enfants !
Île Bourbon, 1843.
Versification
- Forme
- 127 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 127(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 127 quatrains
- Mots à la rime
- a haleine / peine féminine, classiqueb écueil / seuil masculine, classiquea blanche / branche féminine, classiqueb été / l'aridité masculine, classiquea vie / épanouie féminine, classiqueb liqueur / cœur masculine, classiquea visage / nuage féminine, classiqueb ciel / Raphaël masculine, classiquea heureuse / lumineuse féminine, classiqueb corps / sors masculine, classiquea amère / mère féminine, classiqueb nourrit / sourit masculine, classiquea née / destinée féminine, classiqueb l'arbrisseau / berceau masculine, classiquea étoiles / voiles féminine, classiqueb yeux / soucieux masculine, classiquea fête / tête féminine, classiqueb jour / séjour masculine, classiquea roses / écloses féminine, classiqueb ciel / miel masculine, classiquea sombre / d'ombre féminine, classiqueb avenir / venir masculine, classiquea grâces / traces féminine, classiqueb pleurs / douleurs masculine, classiquea vive / gencive féminine, classiqueb émail / corail masculine, classiquea affaissée / blessée féminine, classiqueb abrité / d'été masculine, classiquea armes / larmes féminine, classiqueb Dieu / feu masculine, classiquea femme / âme féminine, classiqueb cher / chair masculine, classiquea doutes / gouttes féminine, classiqueb étouffant / enfant masculine, classiquea mystère / terre féminine, classiqueb fleurs / douleurs masculine, classiquea nature / créature féminine, classiqueb souffrir / mourir masculine, classiquea l'enfance / défense féminine, classiqueb caché / péché masculine, classiquea anathème / baptême féminine, classiqueb désolés / immaculés masculine, classiquea craindre / plaindre féminine, classiqueb aimer / blasphémer masculine, classiquea innocence / présence féminine, classiqueb embellis / lys masculine, classiquea l'onde / monde féminine, classiqueb sérénité / racheté masculine, classiquea austère / terre féminine, classiqueb châtiment / également masculine, classiquea cruelle / frêle féminine, classiqueb coups / doux masculine, classiquea belle / rebelle féminine, classiqueb grandir / sortir masculine, classiquea blonde / gronde féminine, classiqueb réveil / soleil masculine, classiquea l'aurore / éclore féminine, classiqueb douceurs / sœurs masculine, classiquea paupière / lumière féminine, classiqueb mer / l'air masculine, classiquea rôde / d'émeraude féminine, classiqueb habits / rubis masculine, classiquea délices / calices féminine, classiqueb embaumer / aimer masculine, classiquea t'éveilles / merveilles féminine, classiqueb champs / chants masculine, classiquea lisse / caprice féminine, classiqueb velours / cours masculine, classiquea soie / ondoie féminine, classiqueb transparent / errant masculine, classiquea arrosée / rosée féminine, classiqueb jeux / cheveux masculine, classiquea ramées / parfumées féminine, classiqueb pendants / dents masculine, classiquea blanches / branches féminine, classiqueb nuit / fruit masculine, classiquea fraîche / pêche féminine, classiqueb moirés / dorés masculine, classiquea rêve / s'élève féminine, classiqueb s'ouvrir / courir masculine, classiquea ploie / flamboie féminine, classiqueb frémissant / éblouissant masculine, classiquea ombrage / feuillage féminine, classiqueb rameaux / d'oiseaux masculine, classiquea t'enchante / chante féminine, classiqueb yeux / cieux masculine, classiquea mélodie / incendie féminine, classiqueb puissant / incandescent masculine, classiquea cannes / savanes féminine, classiqueb firmament / qu'embrasement masculine, classiquea balance / silence féminine, classiqueb l'épi / midi masculine, classiquea calmes / palmes féminine, classiqueb panachés / couchés masculine, classiquea paupières / pierres féminine, classiqueb zénith / nid masculine, classiquea recueille / feuille féminine, classiqueb soupir / s'assoupir masculine, classiquea lassitude / plénitude féminine, classiquea l'homme / somme féminine, classiquea ravines / divines féminine, classiqueb bois masculine, classiquea inonde / blonde féminine, classiqueb parasol / sol masculine, classiquea captive / furtive féminine, classiqueb bonds / joncs masculine, classiquea éveillée / feuillée féminine, classiqueb fleurs / siffleurs masculine, classiquea Élysée / tamisée féminine, classiqueb cléments / charmants masculine, classiquea baisse / mollesse féminine, classiqueb airs / mers masculine, classiquea sombres / ombres féminine, classiqueb tour / d'alentour masculine, classiquea montagnes / campagnes féminine, classiqueb marron / maison masculine, classiquea crépusculaires / aires féminine, classiqueb profondeurs / pêcheurs masculine, classiquea lame / flamme féminine, classiqueb pur / d'azur masculine, classiquea funèbres / ténèbres féminine, classiqueb bruit / nuit masculine, classiquea pâle / d'opale féminine, classiqueb prison / l'horizon masculine, classiquea sereine / vierge-reine féminine, classiqueb amollis / lys masculine, classiquea change / mélange féminine, classiqueb lueur / couleur masculine, classiquea pâquerettes / discrètes féminine, classiqueb zéphyr / saphir masculine, classiqueb solennel / ciel masculine, classiquea lumière / prière féminine, classiqueb Dieu / adieu masculine, classiquea profane / diaphane féminine, classiqueb santé / d'été masculine, classiquea d'innocence / l'enfance féminine, classiqueb jours / toujours masculine, classiquea fanées / années féminine, classiqueb ailleurs / meilleurs masculine, classiquea morose / rose féminine, classiqueb rongeurs / pleurs masculine, classiquea envie / vie féminine, classiqueb Sauveur / bonheur masculine, classiquea d'éclore / encore féminine, classiqueb bois / fois masculine, classiquea d'études / solitudes féminine, classiqueb leçons / buissons masculine, classiquea course / source féminine, classiqueb matin / humain masculine, classiquea austère / salutaire féminine, classiqueb silencieux / yeux masculine, classiquea sommes / hommes féminine, classiqueb pleurs / sueurs masculine, classiquea créature / nourriture féminine, classiqueb rigueurs / cœurs masculine, classiquea sûre / blessure féminine, classiqueb horizon / raison masculine, classiquea surprendre / apprendre féminine, classiqueb germer / semer masculine, classiquea âge / feuillage féminine, classiqueb puissant / adolescent masculine, classiquea chancelle / aile féminine, classiqueb voiler / s'envoler masculine, classiquea splendide / candide féminine, classiqueb éclos / flots masculine, classiquea parterre / terre féminine, classiqueb hivers / verts masculine, classiquea convie / vie féminine, classiqueb encor / essor masculine, classiquea couronnée / destinée féminine, classiqueb amours / jours masculine, classiquea lire / lyre féminine, classiqueb lois / doigts masculine, classiquea l'aiguille / fille féminine, classiqueb désir / loisir masculine, classiquea épanche / s'étanche féminine, classiqueb accords / corps masculine, classiquea l'âme / réclame féminine, classiqueb vallons / sillons masculine, classiquea solitaire / délétère féminine, classiqueb vainqueur / cœur masculine, classiquea jalouse / épouse féminine, classiqueb tour / amour masculine, classiquea mélange / d'ange féminine, classiqueb s'unir / revenir masculine, classiquea délaisse / tristesse féminine, classiqueb condamné / abandonné masculine, classiquea hôte / haute féminine, classiqueb adieux / dieux masculine, classiquea l'enchaîne / peine féminine, classiqueb miel / ciel masculine, classiquea chute / lutte féminine, classiqueb perdu / éperdu masculine, classiquea athlète / tête féminine, classiqueb nécessité / réalité masculine, classiquea terre / sphère féminine, classiqueb atteler / voler masculine, classiquea âme / flamme féminine, classiqueb trésor / d'or masculine, classiquea agonie / génie féminine, classiqueb maux / rameaux masculine, classiquea vie / poésie féminine, classiqueb pauvreté / postérité masculine, classiquea cruelles / ailes féminine, classiqueb voir / devoir masculine, classiquea prophète / faîte féminine, classiqueb yeux / lieux masculine, classiquea hommes / sommes féminine, classiqueb étroits / croix masculine, classiquea bien-aimée / renommée féminine, classiqueb maison / raison masculine, classiquea triste / l'artiste féminine, classiqueb nouveau / cerveau masculine, classiquea garde / barde féminine, classiqueb penchants / chants masculine, classiquea profonde / monde féminine, classiqueb échos / sanglots masculine, classiquea poètes / muettes féminine, classiqueb meilleurs / douleurs masculine, classiquea entendre / rendre féminine, classiqueb morts / accords masculine, classiquea anime / infime féminine, classiqueb imposteur / cœur masculine, classiquea l'harmonie / génie féminine, classiqueb irrité / virginité masculine, classiquea voiles / étoiles féminine, classiqueb feu / Dieu masculine, classiquea amie / endormie féminine, classiqueb murs / futurs masculine, classiquea alarmes / larmes féminine, classiqueb divers / vers masculine, classiquea urne / nocturne féminine, classiqueb encor / trésor masculine, classiquea vôtre / d'apôtre féminine, classiqueb l'écart / l'Art masculine, classiquea tendre / entendre féminine, classiqueb candeur / cœur masculine, classiquea connaissent / naissent féminine, classiqueb lieu / Dieu masculine, classiquea voilée / vallée féminine, classiqueb importuns / parfums masculine, classiquea l'opulence / silence féminine, classiqueb pudeur / Seigneur masculine, classiquea solitude / l'étude féminine, classiqueb obscurité / clarté masculine, classiquea joie / voie féminine, classiqueb beau / flambeau masculine, classiquea roses / choses féminine, classiqueb rêver / aimer masculine, classiquea tristesse / cesse féminine, classiqueb chants / enfants masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
508 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes et Paysages, Paris, ALPHONSE LEMERRE ÉDITEUR, 1897· numérisation poesies.net· Sources