Le sanglot de la terre, 1878‑1883
Intarissablement
Dire qu'au fond des cieux‖ n'habite nul Songeur,Dire que par l'espace‖ où sans fin l'or ruisselle,De chaque atome monte‖ une voix solennelle,Cherchant dans l'azur noir‖ à réveiller un cœur !
Dire qu'on ne sait rien !‖ et que tout hurle en chœurEt que pourtant malgré‖ l'angoisse universelle !Le Temps qui va roulant‖ les siècles pêle-mêle,Sans mémoire, éternel‖ et grave travailleur,
Charriant sans retour‖ engloutir dans ses ondesLes cendres des martyrs,‖ les cités et les mondes,Le Temps, universel‖ et calme écoulement,
Le Temps qui ne connaît‖ ni son but. ni sa source.Mais, rencontrant toujours‖ des soleils dans sa course,Tombe de l'urne bleue‖ intarissablement.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a Songeur / cœur masculine, classiqueb ruisselle / solennelle féminine, classiquea chœur / travailleur masculine, classiqueb universelle / pêle-mêle féminine, classiquea ondes / mondes féminine, classiqueb écoulement / intarissablement masculine, classiquea source / course féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Mercure de France, 1902· numérisation archive.org· Sources