Le sanglot de la terre, 1878‑1883
Sieste éternelle
Le blanc soleil de juin‖ amollit les trottoirs.Sur mon lit, seul, prostré‖ comme en ma sépulture(Close de rideaux blancs,‖ œuvre d'une main pure),Je râle doucement‖ aux extases des soirs.
Un relent énervant‖ expire d'un mouchoirEt promène sur mes‖ lèvres sa chevelureEt, comme un piano‖ voisin rêve en mesure,Je tournoie au concert‖ rythmé des encensoirs.
Tout est un songe. Oh ! viens,‖ corps soyeux que j'adore,Fondons-nous, et sans but,‖ plus oublieux encore ;Et tiédis longuement‖ ainsi mes yeux fermés.
Depuis l'éternité,‖ croyez-le bien, Madame,L'Archet qui sur nos nerfs‖ pince ces tristes gammesAppelait pour ce jour‖ nos atomes charmés.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a trottoirs / soirs masculine, classiqueb sépulture / pure féminine, classiquea mouchoir / encensoirs masculine, non classiqueb chevelure / mesure féminine, classiquea j'adore / encore féminine, classiqueb fermés / charmés masculine, classiquea Madame / gammes féminine, non classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.3· écart moyen à la rime classique 1.4
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Mercure de France, 1902· numérisation archive.org· Sources