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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Harmonies poétiques et religieuses, 1830· Livre troisième

HARMONIE II. Milly

OU LA TERRE NATALE

Alphonse de Lamartine· strophes variées, alexandrins, 318 vers

Pourquoi le prononcer‖ ce nom de la patrie ?Dans son brillant exil‖ mon cœur en a frémi ;Il résonne de loin‖ dans mon âme attendrie.Comme les pas connus‖ ou la voix d'un ami.

Montagnes que voilait‖ le brouillard de l'automne.Vallons que tapissait‖ le givre du matin,Saules dont l'émondeur‖ effeuillait la couronne.Vieilles tours que le soir‖ dorait dans le lointain,

Murs noircis par les ans,‖ coteaux, sentier rapide.Fontaine où les pasteurs‖ accroupis tour à tourAttendaient goutte à goutte‖ une eau rare et limpide,Et, leur urne à la main,‖ s'entretenaient du jour ;

Chaumière où du foyer‖ étincelait la flamme,Toits que le pèlerin‖ aimait à voir fumer,Objets inanimés,‖ avez-vous donc une âmeQui s'attache à notre âme‖ et la force d'aimer ?

J'ai vu des cieux d'azur,‖ où la nuit est sans voiles,Dorés jusqu'au malin‖ sous les pieds des étoiles.Arrondir sur mou front,‖ dans leur arc infini,Leur dôme de cristal‖ qu'aucun vent n'a terni !J'ai vu des monts voilés‖ de citrons et d'olivesRéfléchir dans les flots‖ leurs ombres fugitives,Et dans leurs frais vallons,‖ au souffle du zéphyr,Bercer sur l'épi mûr‖ le cep prêt à mûrir ;Sur des bords où les mers‖ ont à peine un murmure,J'ai vu des flots brillants‖ l'onduleuse ceinturePresser et relâcher‖ dans l'azur de ses plisDe leurs caps dentelés‖ les contours assouplis,S'étendre dans le golfe‖ en nappes de lumière,Blanchir l'écueil fumant‖ de gerbes de poussière,Porter dans le lointain‖ d'un occident vermeilDes îles qui semblaient‖ le lit d'or du soleil,Ou s'ouvrant devant moi‖ sans rideau, sans limite,Me montrer l'infini‖ que le mystère habite !J'ai vu ces fiers sommets,‖ pyramides des airs,Où l'été repliait‖ le manteau des hivers.Jusqu'au sein des vallons‖ descendant par étages,Entrecouper leurs flancs‖ de hameaux et d'ombrages.De pics et de rochers‖ ici se hérisser,En pentes de gazon‖ plus loin fuir et glisser,Lancer en arcs fumants,‖ avec un bruit de foudre,Leurs torrents en écume‖ et leurs fleuves en poudre,Sur leurs flancs éclairés,‖ obscurcis tour à tour,Former des vagues d'ombre‖ et des îles de jour,Creuser de frais vallons‖ que la pensée adore,Remonter, redescendre‖ et remonter encore,Puis des derniers degrés‖ de leurs vastes remparts,A travers les sapins‖ et les chênes épars.Dans le miroir des lacs‖ qui dorment sous leur ombreJeter leurs reflets verts‖ ou leur image sombre,Et sur le tiède azur‖ de ces limpides eauxFaire onduler leur neige‖ et flotter leurs coteaux !J'ai visité ces bords‖ et ce divin asileQu'a choisis pour dormir‖ l'ombre du doux Virgile,Ces champs que la Sibylle‖ à ses yeux déroula.Et Cume, et l'Élysée ;‖ et mon cœur n'est pas là !…

Mais il est sur la terre‖ une montagne arideQui ne porte en ses flancs‖ ni bois ni flot limpide,Dont par l'effort des ans‖ l'humble sommet miné,Et sous son propre poids‖ jour par jour incliné,Dépouillé de son sol‖ fuyant dans les ravines,Garde à peine un buis sec‖ qui montre ses racines,Et se couvre partout‖ de rocs prêts à croulerQue sous son pied léger‖ le chevreau fait rouler.Ces débris, par leur chute,‖ ont formé d'âge en âgeUn coteau qui décroît‖ et, d'étage en étage.Porte, à l'abri des murs‖ dont ils sont étayés,Quelques avares champs‖ de nos sueurs payés,Quelques ceps dont les bras,‖ cherchant en vain l'érable,Serpentent sur la terre‖ ou rampent sur le sable,Quelques buissons de ronce,‖ où l'enfant des hameauxCueille un fruit oublié‖ qu'il dispute aux oiseaux ;Où la maigre brebis‖ des chaumières voisinesBroute en laissant sa laine‖ en tribut aux épines ;Lieux que ni le doux bruit‖ des eaux pendant l'été,Ni le frémissement‖ du feuillage agité,Ni l'hymne aérien‖ du rossignol qui veille,Ne rappellent au cœur,‖ n'enchantent pour l'oreille ;Mais que, sous les rayons‖ d'un ciel toujours d'airain,La cigale assourdit‖ de son cri souterrain.Il est dans ces déserts‖ un toit rustique et sombreQue la montagne seule‖ abrite de son ombre,Et dont les murs, battus‖ par la pluie et les vents,Portent leur âge écrit‖ sur la mousse des ans.Sur le seuil désuni‖ de trois marches de pierreLe hasard a planté‖ les racines d'un lierreQui, redoublant cent fois‖ ses nœuds entrelacés.Cache l'affront du temps‖ sous ses bras élancés.Et, recourbant en arc‖ sa volute rustique,Fait le seul ornement‖ du champêtre portique.Un jardin qui descend‖ au revers d'un coteau,Y présente au couchant‖ son sable altéré d'eau ;La pierre sans ciment,‖ que l'hiver a noircie,En borne tristement‖ l'enceinte rétrécie ;La terre, que la bêche‖ ouvre à chaque saison,Y montre à nu son sein‖ sans ombre et sans gazon ;Ni tapis émaillés,‖ ni cintres de verdure.Ni ruisseau sous des bois,‖ ni fraîcheur, ni murmure ;Seulement sept tilleuls‖ par le soc oubliés.Protégeant un peu d'herbe‖ étendue à leurs piés,Y versent dans l'automne‖ une ombre tiède et rare.D'autant plus douce au front‖ sous un ciel plus avare ;Arbres dont le sommeil‖ et des songes si beauxDans mon heureuse enfance‖ habitaient les rameaux !Dans le champêtre enclos‖ qui soupire après l'onde.Un puits dans le rocher‖ cache son eau profonde,Où le vieillard qui puise,‖ après de longs efforts,Dépose en gémissant‖ son urne sur les bords ;Une aire où le fléau‖ sur l'argile étendueBat à coups cadencés‖ la gerbe répandue,Où la blanche colombe‖ et l'humble passereauSe disputent l'épi‖ qu'oublia le râteau ;Et sur la terre épars‖ des instruments rustiques,Des jougs rompus, des chars‖ dormant sous les portiques,Des essieux dont l'ornière‖ a brisé les rayons.Et des socs émoussés‖ qu'ont usés les sillons.

Rien n'y console l'œil‖ de sa prison stérile,Ni les dômes dorés‖ d'une superbe ville,Ni le chemin poudreux,‖ ni le fleuve lointain,Ni les toits blanchissants‖ aux clartés du matin ;Seulement, répandus‖ de distance en distance,De sauvages abris‖ qu'habite l'indigence,Le long d'étroits sentiers‖ en désordre semés,Montrent leur toit de chaume‖ et leurs murs enfumés,Où le vieillard, assis‖ au bord de sa demeure.Dans son berceau de jonc‖ endort l'enfant qui pleure,Enfin un sol sans ombre‖ et des cieux sans couleur,Et des vallons sans onde !‖ — Et c'est là qu'est mon cœur !Ce sont là les séjours,‖ les sites, les rivagesDont mon âme attendrie‖ évoque les images.Et dont pendant les nuits‖ mes songes les plus beauxPour enchanter mes yeux‖ composent leurs tableaux !

Là chaque heure du jour,‖ chaque aspect des montagnes,Chaque son qui le soir‖ s'élève des campagnes.Chaque mois qui revient,‖ comme un pas des saisons,Reverdir ou faner‖ les bois ou les gazons,La lune qui décroît‖ et s'arrondit dans l'ombre.L'étoile qui gravit‖ sur la colline sombre.Les troupeaux des hauts lieux‖ chassés par les frima ?.Des coteaux aux vallons‖ descendant pas à pas,Le vent, l'épine en fleurs,‖ l'herbe verte ou flétrie.Le soc dans le sillon,‖ l'onde dans la prairie.Tout m'y parle une langue‖ aux intimes accentsDont les mots entendus‖ dans l'âme et dans les sens.Sont des bruits, des parfums,‖ des foudres, des orages,Des rochers, des torrents,‖ et ces douces images,Et ces vieux souvenirs‖ dormant au fond de nous,Qu'un site nous conserve‖ et qu'il nous rend plus doux.Là mon cœur en tout lieu‖ se retrouve lui-même !Tout s'y souvient de moi,‖ tout m'y connaît, tout m'aime !Mon œil trouve un ami‖ dans tout cet horizon,Chaque arbre a son histoire‖ et chaque pierre un nom.Qu'importe que ce nom,‖ comme Thèbe ou Palmyre,Ne nous rappelle pas‖ les fastes d'un empire,Le sang humain versé‖ pour le choix des tyrans,Ou ces fléaux de Dieu‖ que l'homme appelle grands ?Ce site où la pensée‖ a rattaché sa trame,Ces lieux encor tout pleins‖ des fastes de notre âme.Sont aussi grands pour nous‖ que ces champs du destinOù naquit, où tomba‖ quelque empire incertain :Rien n'est vil ! rien n'est grand !‖ l'âme en est la mesure !Un cœur palpite au nom‖ de quelque humble masure.Et sous les monuments‖ des héros et des dieuxLe pasteur passe et siffle‖ en détournant les yeux !

Voilà le banc rustique‖ où s'asseyait mon père,La salle où résonnait‖ sa voix mâle et sévère,Quand les pasteurs assis‖ sur leurs socs renversésLui comptaient les sillons‖ par chaque heure tracés.Ou qu'encor palpitant‖ des scènes de sa gloire,De l'échafaud des rois‖ il nous disait l'histoire.Et, plein du grand combat‖ qu'il avait combattu.En racontant sa vie‖ enseignait la vertu !Voilà la place vide‖ où ma mère à toute heureAu plus léger soupir‖ sortait de sa demeure,Et. nous faisant porter‖ ou la laine ou le pain,Vêtissait l'indigence‖ ou nourrissait la faim ;Voilà les toits de chaume‖ où sa main attentiveVersait sur la blessure‖ ou le miel ou l'olive.Ouvrait près du chevet‖ des vieillards expirantsCe livre où l'espérance‖ est permise aux mourants.Recueillait leurs soupirs‖ sur leur bouche oppressée.Faisait tourner vers Dieu‖ leur dernière pensée,Et tenant par la main‖ les plus jeunes de nous,A la veuve, à l'enfant,‖ qui tombaient à genoux,Disait, en essuyant‖ les pleurs de leurs paupières :Je vous donne un peu d'or,‖ rendez-leur vos prières !Voilà le seuil, à l'ombre,‖ où son pied nous berçait,La branche du figuier‖ que sa main abaissait ;Voici l'étroit sentier‖ où, quand l'airain sonore,Dans le temple lointain‖ vibrait avec l'aurore,Nous montions sur sa trace‖ à l'autel du SeigneurOffrir deux purs encens,‖ innocence et bonheur !C'est ici que sa voix‖ pieuse et solennelleNous expliquait un Dieu‖ que nous sentions en elle,Et nous montrant l'épi‖ dans son germe enfermé,La grappe distillant‖ son breuvage embaumé,La génisse en lait pur‖ changeant le suc des plantes.Le rocher qui s'entr'ouvre‖ aux sources ruisselantes,La laine des brebis‖ dérobée aux rameauxServant à tapisser‖ les doux nids, des oiseaux,Et le soleil exact‖ à ses douze demeures,Partageant aux climats‖ les saisons et les heures,Et ces astres des nuits‖ que Dieu seul peut compter.Mondes où la pensée‖ ose à peine monter.Nous enseignait la foi‖ par la reconnaissance,Et faisait admirer‖ à notre simple enfanceComment l'astre et l'insecte‖ invisible à nos yeuxAvaient, ainsi que nous,‖ leur père dans les cieux !Ces bruyères, ces champs,‖ ces vignes, ces prairies,Ont tous leurs souvenirs‖ et leurs ombres chéries.Là, mes sœurs folâtraient,‖ et le vent dans leurs jeuxLes suivait en jouant‖ avec leurs blonds cheveux !Là, guidant les bergers‖ aux sommets des collines,J'allumais des bûchers‖ de bois mort et d'épines,Et mes yeux, suspendus‖ aux flammes du foyer,Passaient heure après heure‖ à les voir ondoyer.Là, contre la fureur‖ de l'aquilon rapideLe saule caverneux‖ nous prêtait son tronc vide,Et j'écoutais siffler‖ dans son feuillage mortDes brises dont mon âme‖ a retenu l'accord.Voilà le peuplier‖ qui, penché sur l'abîme,Dans la saison des nids‖ nous berçait sur sa cîme,Le ruisseau dans les prés‖ dont les dormantes eauxSubmergeaient lentement‖ nos barques de roseaux,Le chêne, le rocher,‖ le moulin monotone,Et le mur au soleil‖ où, dans les jours d'automne,Je venais sur la pierre,‖ assis près des vieillards,Suivre le jour qui meurt‖ de mes derniers regards !Tout est encor debout ;‖ tout renaît à sa place ;De nos pas sur le sable‖ on suit encor la trace ;Rien ne manque à ces lieux‖ qu'un cœur pour en jouirMais, hélas ! l'heure baisse‖ et va s'évanouir !

La vie a dispersé,‖ comme l'épi sur l'aire,Loin du champ paternel‖ les enfants et la mère.Et ce foyer chéri‖ ressemble aux nids désertsD'où l'hirondelle a fui‖ pendant de longs hivers !Déjà l'herbe qui croît‖ sur les dalles antiquesEfface autour des murs‖ les sentiers domestiques.Et le lierre, flottant‖ comme un manteau de deuil,Couvre à demi la porte‖ et rampe sur le seuil ;Bientôt peut-être… — Écarte,‖ ô mon Dieu, ce présage !Bientôt un étranger,‖ inconnu du village,Viendra, l'or à la main !‖ s'emparer de ces lieuxQu'habite encor pour nous‖ l'ombre de nos aïeux,Et d'où nos souvenirs‖ des berceaux et des tombesS'enfuiront à sa voix,‖ comme un nid de colombesDont la hache a fauché‖ l'arbre dans les forêts.Et qui ne savent plus‖ où se poser après !

Ne permets pas, Seigneur,‖ ce deuil et cet outrage !Ne souffre pas, mon Dieu,‖ que notre humble héritagePasse de mains en mains‖ troqué contre un vil prix,Comme le toit du vice‖ ou le champ des proscrits !Qu'un avide étranger‖ vienne d'un pied superbeFouler l'humble sillon‖ de nos berceaux sur l'herbe,Dépouiller l'orphelin,‖ grossir, compter son orAux lieux où l'indigence‖ avait seule un trésor,Et blasphémer ton nom‖ sous ces mêmes portiquesOù ma mère à nos voix‖ enseignait tes cantiques !Ah ! que plutôt cent fois,‖ aux vents abandonné,Le toit pende en lambeaux‖ sur le mur incliné ;Que les fleurs du tombeau,‖ les mauves, les épines,Sur les parvis brisés‖ germent dans les ruines !Que le lézard dormant‖ s'y réchauffe au soleil,Que Philomèle y chante‖ aux heures du sommeil,Que l'humble passereau,‖ les colombes fidèles,Y rassemblent en paix‖ leurs petits sous leurs ailes,Et que l'oiseau du ciel‖ vienne bâtir son nidAux lieux où l'innocence‖ eut autrefois son lit !

Ah ! si le nombre écrit‖ sous l'œil des destinéesJusqu'aux cheveux blanchis‖ prolonge mes années,Puissé-je, heureux vieillard,‖ y voir baisser mes joursParmi ces monuments‖ de mes simples amours !Et quand ces toits bénis‖ et ces tristes décombresNe seront plus pour moi‖ peuplés que par des ombres,Y retrouver au moins‖ dans les noms, dans les lieux,Tant d'êtres adorés‖ disparus de mes yeux !Et vous, qui survivrez‖ à ma cendre glacée,Si vous voulez charmer‖ ma dernière pensée,Un jour, élevez-moi…‖ ! Non ! ne m'élevez rien !Mais près des lieux où dort‖ l'humble espoir du chrétien,Creusez-moi dans ces champs‖ la couche que j'envieEt ce dernier sillon‖ où germe une autre vie !Étendez sur ma tète‖ un lit d'herbes des champsQue l'agneau du hameau‖ broute encore au printemps,Où l'oiseau dont mes sœurs‖ ont peuplé ces asilesVienne aimer et chanter‖ durant mes nuits tranquilles ;Là, pour marquer la place‖ où vous m'allez coucher.Roulez de la montagne‖ un fragment du rocher ;Que nul ciseau surtout‖ ne le taille et n'effaceLa mousse des vieux jours‖ qui brunit sa surface.Et d'hiver en hiver‖ incrustée à ses flancs.Donne en lettre vivante‖ une date à ses ans !Point de siècle ou de nom‖ sur cette agreste page !Devant l'éternité‖ tout siècle est du même âge,Et celui dont la voix‖ réveille le trépasAu défaut d'un vain nom‖ ne nous oublîra pas !Là, sous des cieux connus,‖ sous les collines sombres,Qui couvrirent jadis‖ mon berceau de leurs ombres,Plus près du sol natal,‖ de l'air et du soleil.D'un sommeil plus léger‖ j'attendrai le réveil !Là ma cendre, mêlée‖ à la terre qui m'aime,Retrouvera la vie‖ avant mon esprit même,Verdira dans les prés,‖ fleurira dans les fleurs,Boira des nuits d'été‖ les parfums et les pleurs ;Et quand du jour sans soir‖ la première étincelleViendra m'y réveiller‖ pour l'aurore éternelle,En ouvrant mes regards‖ je reverrai des lieuxAdorés de mon cœur‖ et connus de mes yeux,Les pierres du hameau,‖ le clocher, la montagne,Le lit sec du torrent‖ et l'aride campagne ;Et rassemblant de l'œil‖ tous les êtres chéris,Dont l'ombre près de moi‖ dormait sous ces débris,Avec des sœurs, un père‖ et l'âme d'une mère,Ne laissant plus de cendre‖ en dépôt à la terre,Comme le passager‖ qui des vagues descend,Jette encore au navire‖ un œil reconnaissant,Nos voix diront ensemble‖ à ces lieux pleins de charmesL'adieu, le seul adieu‖ qui n'aura point de larmes !

Versification

Forme
Strophes variées
Rimes
1{4(abab) 143((aa))}
Mètre
Alexandrins· profil 6+6
Strophes
8 distiquess, 4 quatrains
Mots à la rime
a patrie / attendrie féminine, classiqueb frémi / ami masculine, classiquea l'automne / couronne féminine, classiqueb matin / lointain masculine, classiquea rapide / limpide féminine, classiqueb tour / jour masculine, classiquea flamme / âme féminine, classiqueb fumer / d'aimer masculine, classiquea voiles / étoiles féminine, classiqueb infini / terni masculine, classiquec d'olives / fugitives féminine, classiqued zéphyr / mûrir masculine, classiquee murmure / ceinture féminine, classiquef plis / assouplis masculine, classiqueg lumière / poussière féminine, classiqueh vermeil / soleil masculine, classiquei limite / habite féminine, classiquej airs / hivers masculine, classiquek étages / d'ombrages féminine, classiquel hérisser / glisser masculine, classiquem foudre / poudre féminine, classiqueo adore / encore féminine, classiquep remparts / épars masculine, classiqueq ombre / sombre féminine, classiquer eaux / coteaux masculine, classiques asile / Virgile féminine, classiquet déroula / là masculine, classiquea aride / limpide féminine, classiqueb miné / incliné masculine, classiquec ravines / racines féminine, classiqued crouler / rouler masculine, classiquee âge / étage féminine, classiquef étayés / payés masculine, classiqueg l'érable / sable féminine, classiqueh hameaux / oiseaux masculine, classiquei voisines / épines féminine, classiquej l'été / agité masculine, classiquek veille / l'oreille féminine, classiquel d'airain / souterrain masculine, classiquem sombre / ombre féminine, classiquen vents / ans masculine, classiqueo pierre / lierre féminine, classiquep entrelacés / élancés masculine, classiqueq rustique / portique féminine, classiquer coteau / d'eau masculine, classiques noircie / rétrécie féminine, classiquet saison / gazon masculine, classiqueu verdure / murmure féminine, classiquev oubliés / piés masculine, classiquew rare / avare féminine, classiquex beaux / rameaux masculine, classiquey l'onde / profonde féminine, classiquez efforts / bords masculine, classiquea étendue / répandue féminine, classiqueb passereau / râteau masculine, classiquec rustiques / portiques féminine, classiqued rayons / sillons masculine, classiquea stérile / ville féminine, classiqueb lointain / matin masculine, classiquec distance / l'indigence féminine, classiqued semés / enfumés masculine, classiquee demeure / pleure féminine, classiquef couleur / cœur masculine, classiqueg rivages / images féminine, classiqueh beaux / tableaux masculine, classiquea montagnes / campagnes féminine, classiqueb saisons / gazons masculine, classiquec l'ombre / sombre féminine, classiqued frima / pas masculine, non classiquee flétrie / prairie féminine, classiquef accents / sens masculine, classiqueg orages / images féminine, classiqueh nous / doux masculine, classiquei lui-même / m'aime féminine, classiquej horizon / nom masculine, classiquek Palmyre / empire féminine, classiquel tyrans / grands masculine, classiquem trame / âme féminine, classiquen destin / incertain masculine, classiqueo mesure / masure féminine, classiquep dieux / yeux masculine, classiquea père / sévère féminine, classiqueb renversés / tracés masculine, classiquec gloire / l'histoire féminine, classiqued combattu / vertu masculine, classiquee heure / demeure féminine, classiquef pain / faim masculine, classiqueg attentive / l'olive féminine, classiqueh expirants / mourants masculine, classiquei oppressée / pensée féminine, classiquej nous / genoux masculine, classiquek paupières / prières féminine, classiquel berçait / abaissait masculine, classiquem sonore / l'aurore féminine, classiquen Seigneur / bonheur masculine, classiqueo solennelle / elle féminine, classiquep enfermé / embaumé masculine, classiqueq plantes / ruisselantes féminine, classiquer rameaux / oiseaux masculine, classiques demeures / heures féminine, classiquet compter / monter masculine, classiqueu reconnaissance / enfance féminine, classiquev yeux / cieux masculine, classiquew prairies / chéries féminine, classiquex jeux / cheveux masculine, classiquey collines / d'épines féminine, classiquez foyer / ondoyer masculine, classiquea rapide / vide féminine, classiqueb mort / l'accord masculine, classiquec l'abîme / cîme féminine, classiqued eaux / roseaux masculine, classiquee monotone / d'automne féminine, classiquef vieillards / regards masculine, classiqueg place / trace féminine, classiqueh jouir / s'évanouir masculine, classiquea l'aire / mère féminine, classiqueb déserts / hivers masculine, classiquec antiques / domestiques féminine, classiqued deuil / seuil masculine, classiquee présage / village féminine, classiquef lieux / aïeux masculine, classiqueg tombes / colombes féminine, classiqueh forêts / après masculine, classiquea outrage / héritage féminine, classiqueb prix / proscrits masculine, classiquec superbe / l'herbe féminine, classiqued or / trésor masculine, classiquee portiques / cantiques féminine, classiquef abandonné / incliné masculine, classiqueg épines / ruines féminine, classiqueh soleil / sommeil masculine, classiquei fidèles / ailes féminine, classiquej nid / lit masculine, classiquea destinées / années féminine, classiqueb jours / amours masculine, classiquec décombres / ombres féminine, classiqued lieux / yeux masculine, classiquee glacée / pensée féminine, classiquef rien / chrétien masculine, classiqueg j'envie / vie féminine, classiqueh champs / printemps masculine, classiquei asiles / tranquilles féminine, classiquej coucher / rocher masculine, classiquek n'efface / surface féminine, classiquel flancs / ans masculine, classiquem page / âge féminine, classiquen trépas / pas masculine, classiqueo sombres / ombres féminine, classiquep soleil / réveil masculine, classiqueq m'aime / même féminine, classiquer fleurs / pleurs masculine, classiques étincelle / éternelle féminine, classiqueu montagne / campagne féminine, classiquev chéris / débris masculine, classiquew mère / terre féminine, classiquex descend / reconnaissant masculine, classiquey charmes / larmes féminine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

318 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Harmonies poétiques et religieuses, BRUXELLES, SOCIÉTÉ BELGE DE LIBRAIRIE, ETC. HAUMAN ET COMPAGNIE, 1838· numérisation archive.org· Sources