Méditations poétiques, 1812‑1847
DOUZIÈME MÉDITATION. Les fleurs sur l’autel
Ischia, 1846
Quand sous la majesté‖ du Maître qu’elle adoreL’âme humaine a besoin‖ de se fondre d’amour,Comme une mer dont l’eau‖ s’échauffe et s’évapore,Pour monter en nuage‖ à la source du jour ;
Elle cherche partout‖ dans l’art, dans la nature,Le vase le plus saint‖ pour y brûler l’encens.Mais pour l’Être innomé‖ quelle coupe assez pure ?Et quelle âme ici-bas‖ n’a profané ses sens ?
Les vieillards ont éteint‖ le feu des sacrifices ;Les enfants laisseront‖ vaciller son flambeau ;Les vierges ont pleuré‖ le froid de leurs cilices :Comment parer l’autel‖ de ces fleurs du tombeau ?
Voilà pourquoi les fleurs,‖ ces prières éclosesDont Dieu lui-même emplit‖ les corolles de miel,Pures comme ces lis,‖ chastes comme ces roses,Semblent prier pour nous‖ dans ces maisons du ciel.
Quand l’homme a déposé‖ sur les degrés du templeCe faisceau de parfum,‖ ce symbole d’honneur,Dans un muet espoir‖ son regard le contemple ;Il croit ce don du ciel‖ acceptable au Seigneur.
Il regarde la fleur‖ dans l’urne déposéeExhaler lentement‖ son âme au pied des dieux,Et la brise qui boit‖ ses gouttes de roséeLui paraît une main‖ qui vient sécher ses yeux.
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a adore / s’évapore féminine, classiqueb d’amour / jour masculine, classiquea nature / pure féminine, classiqueb l’encens / sens masculine, classiquea sacrifices / cilices féminine, classiqueb flambeau / tombeau masculine, classiquea écloses / roses féminine, classiqueb miel / ciel masculine, classiquea temple / contemple féminine, classiqueb d’honneur / Seigneur masculine, classiquea déposée / rosée féminine, classiqueb dieux / yeux masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Lamartine, Paris, CHEZ L’AUTEUR, HUE DE LA VILLE-L’ÉVÊQUE, 43, 1860· numérisation wikisource.org· Sources