Méditations poétiques, 1820
QUARANTIÈME MÉDITATION. Les pavots
1847
Lorsque vient le soir de la vie,Le printemps attriste le cœur :De sa corbeille épanouieIl s’exhale un parfum moqueur.De toutes ces fleurs qu’il étale,Dont l’amour ouvre le pétale,Dont les prés éblouissent l’œil,Hélas ! il suffit que l’on cueilleDe quoi parfumer d’une feuilleL’oreiller du lit d’un cercueil.Cueillez-moi ce pavot sauvageQui croît à l’ombre de ces blés :On dit qu’il en coule un breuvageQui ferme les yeux accablés.J’ai trop veillé ; mon âme est lasseDe ces rêves qu’un rêve chasse.Que me veux-tu, printemps vermeil ?Loin de moi ces lis et ces roses !Que faut-il aux paupières closes ?La fleur qui garde le sommeil !
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 2[abab] 2[aa] 2[abba]
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a vie / épanouie féminine, classiqueb cœur / moqueur masculine, classiquec étale / pétale féminine, classiqued l’œil / cercueil masculine, classiquee cueille / feuille féminine, classiquef sauvage / breuvage féminine, classiqueg blés / accablés masculine, classiqueh lasse / chasse féminine, classiquei vermeil / sommeil masculine, classiquej roses / closes féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Lamartine, Paris, CHEZ L’AUTEUR, HUE DE LA VILLE-L’ÉVÊQUE, 43, 1860· numérisation wikisource.org· Sources