Poésies complètes, 1914· Impressions et souvenirs· En Bretagne
Le rossignol
Toi qui vas, par la grise Armor,Maudissant l’amour et ses fièvres,Les violettes de la mortFleuriront bientôt sur tes lèvres.
Encore une heure, encore un pas,Et ce sera la bonne halte :Au fond du soir n’entends-tu pasCe chant qui naît, tremble et s’exalte ?
Si pur avec son timbre ancien,Doux comme un lied, lent comme un thrène,Le chant du noir musicienTantôt plane et tantôt se traîne…
Précurseur des derniers apprêts,Rossignol des nuits sans aurore,Qu’on sera bien sous les cyprèsOù tour à tour monte et s’éplore
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 3[abab] 1[ababa]
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a Armor / mort masculine, non classiqueb fièvres / lèvres féminine, classiquea pas masculine, classiqueb halte / s’exalte féminine, classiquea ancien / musicien masculine, classiqueb thrène / traîne féminine, classiquea apprêts / cyprès / regrets masculine, classiqueb aurore / s’éplore féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
17 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Paris, Librairie Plon, 1922· numérisation wikisource.org· Sources