Fables canadiennes, 1882‑1891· Livre sixième
FABLE VII. La mouche et le taureau
Nombre d'hommes, partout,‖ se pensent nécessaires,Utiles, tout du moins,Qui ne sont qu'ennuyeux.‖ Ils ont été témoinsDe maints gestes et faits.‖ Ils se disent sincères ;Vous donnent dès avis‖ que vous suivrez, sinon…Ils ne répondent de rien. non !Ils sauront s'éloigner,‖ ils en jurent leur nom.
Leur zèle me déplaît‖ bien plus qu'il ne me touche.Ils me rappellent cette moucheQui prit pour piédestal‖ la corne d'un taureau.
Je viens pour te servir,‖ dit-elle au quadrupèdeJe suis pour la victime‖ et non pour le bourreau.Main si mon poids trop lourd‖ te fatigue, je cède,Je m'envole,… tu peux parler.
— Merci, fit l'animal,‖ de tant de complaisance !Mais tu peux, sur ma foi !‖ rester ou t'en aller,Je ne m'aperçois pas‖ du tout de ta présence
Versification
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (14 de 12, 2 de 8, 1 de 6)· profil 8, 6+6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
17 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Fables canadiennes, QUÉBEC, TYPOGRAPHIE DE C. DARVEAU, 1882· numérisation Project Gutenberg Canada· Sources