Les Épis, 1914· Au champ de la fantaisie
Mes vieux pins
O vieux pins embaumés‖ qui chantez à la brise,Debout, sur les coteaux,‖ comme de fiers géants,J'aime la nudité‖ de votre écorce grise !O vieux pins embaumés‖ qui chantez à la brise,J'aime vos bras tendus‖ vers les gouffres béants !Vous étiez avant moi‖ sur la rive où je pleure,Et quand j'aurai quitté‖ ce monde que j'effleure,Vous chanterez encore‖ avec les océans,Avec l'homme immortel‖ qu'un souffle pulvérise,O vieux pins embaumés‖ qui chantez à la brise,Debout, sur les coteaux,‖ comme de fiers géants !
Vos troncs fermes et droits‖ résistent à l'orage,Quand je vois autour d'eux‖ tant d'arbres se briser.Ils me font souvenir‖ des hommes d'un autre âge.Vos troncs fermes et droits‖ résistent à l'orage,Et donnent à la nue‖ un front pur à baiser.Versant comme une pluie,‖ au milieu des soirs calmes,Leurs chants joyeux, les nids‖ se bercent sur vos palmes.A vos cimes l'hiver‖ ne semble point peser ;Le lac vous voit frémir‖ dans son brillant mirage ;Vos troncs fermes et droits‖ résistent à l'orage,Quand je vois autour d'eux‖ tant d'arbres se briser.
Lorsque les feux du soir‖ dorent vos fronts, la terreOù votre ombre descend‖ nous invite à rêver.Le sentier où je passe‖ est toujours solitaire.Lorsque les feux du soir‖ dorent vos fronts, la terreOù ma course bientôt,‖ hélas ! va s'achever,Me paraît toute belle !‖ O l'étrange demeure !Et pourquoi l'aimer tant,‖ puisqu'il faut que l'on meure !Puisque le jour fini‖ ne peut se retrouver !…J'ai soif de l'inconnu,‖ de son profond mystère.Lorsque les feux du soir‖ dorent vos fronts, la terreOù votre ombre descend‖ nous invite à rêver.
Mon âme émue, alors,‖ dans une vague d'ombreVoit glisser un rayon.‖ C'est l'espoir radieux.Comme dans l'épaisseur‖ de vos grappes sans nombre,Mon âme émue, alors,‖ dans une vague d'ombreVoit quelquefois encor‖ sourire un coin des deux.Comme le flot d'argent‖ des urnes renversées,Beaux arbres, le jour luit‖ dans vos blanches percées,Et met une auréole‖ à mon front soucieux.Et qu'importe après tout‖ ce que dure un jour sombre ?Mon âme émue, alors,‖ dans une vague d'ombreVoit glisser un rayon.‖ C'est l'espoir radieux
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 4[abaab] 4[aa] 4[abba]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a brise / grise féminine, classiqueb géants / béants masculine, classiquec pleure / j'effleure féminine, classiqued océans / géants masculine, classiquee pulvérise / brise féminine, classiquea l'orage / âge féminine, classiqueb briser / baiser masculine, classiquec calmes / palmes féminine, classiqued peser / briser masculine, classiquee mirage / l'orage féminine, classiquea terre / solitaire féminine, classiqueb rêver / s'achever masculine, classiquec demeure / meure féminine, classiqued retrouver / rêver masculine, classiquee mystère / terre féminine, classiquea d'ombre / nombre féminine, classiqueb radieux / deux masculine, classiquec renversées / percées féminine, classiqued soucieux / radieux masculine, classiquee sombre / d'ombre féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
44 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Épis, MONTREAL, LA CIE J.-ALFRED GUAY - LIBRAIRES-ÉDITEURS, 1914· numérisation Project Gutenberg Canada· Sources