Les Gouttelettes, 1904· Hommage
A M. Albert Lozeau
L’aile atteinte en son vol n’aura plus, désormais,Ces frissons de plaisir‖ qui troublaient la ramure ;La moisson parfois souffre‖ avant que d'être mûre ;L'arbre un jour abattu‖ ne refleurit jamais.
Et te voilà gisant‖ comme l'arbre mort. MaisSur ta lèvre pâlie‖ il court un doux murmure.Tu portes la douleur‖ comme on porte une armure,Et ton aile brisée‖ effleure des sommets.
Nul cri de révolté‖ n'est sorti de ta bouche,Et la Muse attendrie‖ effeuille, sur ta couche,Des fleurs dont le parfum‖ a la chaleur du vin.
Des chants inattendus‖ traversent les bruines,Et des nimbes sacrés‖ couronnent nos ruines,Quand descend un rayon‖ du grand foyer divin
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a désormais / jamais masculine, classiqueb ramure / mûre féminine, classiquea Mais / sommets masculine, classiqueb murmure / armure féminine, classiquea bouche / couche féminine, classiqueb vin / divin masculine, classiquea bruines / ruines féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Gouttelettes, MONTREAL, Librairie Beauchemin, 1904· numérisation Project Gutenberg Canada· Sources