Les Gouttelettes, 1904· Souffle d’amour
Coucher de soleil
Le ciel semble, au ponant,‖ un océan vermeil.Les pins bercent les nids‖ et chantent à voix basse.Le soleil ne luit plus ;‖ sur l'eau la rame est lasse.Le travail reprendra‖ son grand hymne au réveil.
Moi je sais cependant‖ un coucher de soleilDont les fauves clartés‖ ne rosent point l'espace.Il ne rayonne pas‖ au ciel. Rien ne surpasseSa navrante tiédeur.‖ Nul n'en sait un pareil.
Il est comme un foyer‖ qu'aucun souffle n'embrase.Il tire sans pitié‖ l'âme de son extase,Et l'ombre qui le suit‖ fait craindre son retour.
Ce coucher que je hais‖ jusques à la démence,Ce coucher noir, c'est l'œil‖ qui se ferme à l'amourEt refuse une étoile‖ à la nuit qui commence
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a vermeil / réveil masculine, classiqueb basse / lasse féminine, classiquea soleil / pareil masculine, classiqueb l'espace / surpasse féminine, classiquea n'embrase / extase féminine, classiqueb retour / l'amour masculine, classiquea démence / commence féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Gouttelettes, MONTREAL, Librairie Beauchemin, 1904· numérisation Project Gutenberg Canada· Sources