Les Gouttelettes, 1904· Au foyer
Vieillesse
Seul, un soir, je marchais‖ près du ruisseau qui courtSous les pins odorants‖ de mon petit domaine ;Je rêvais au passé‖ que rien ne nous ramène,Et tout le temps vécu‖ me paraissait bien court.
L'ennui, comme un boulet,‖ rendait mon pas plus lourd ;J'éprouvais les rancœurs‖ du gueux que l'on surmène ;Je cherchais le pourquoi‖ de toute vie humaine ;Je n'avais plus d'espoirs ;‖ mon cœur devenait sourd.
Arbres, fleurs et gazon,‖ fleuve aux profondes vagues,Chansons des nids, soupirs‖ des bois, murmures vagues,Tout était là. Pourtant,‖ je n'ai pas tressailli.
Elles m'ont laissé froid,‖ ces choses si troublantes,Et j'ai vu des oiseaux,‖ des insectes, des plantes,Se dire avec tristesse :‖ — Hélas ! il a vieilli !
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cddc eef ggf
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a court masculine, classiqueb domaine / ramène féminine, classiquea lourd / sourd masculine, classiqueb surmène / humaine féminine, classiquea vagues féminine, classiqueb tressailli / vieilli masculine, classiquea troublantes / plantes féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Gouttelettes, MONTREAL, Librairie Beauchemin, 1904· numérisation Project Gutenberg Canada· Sources