Poèmes barbares, 1862
In excelsis
Mieux que l'aigle chasseur,‖ familier de la nue,Homme ! monte par bonds‖ dans l'air resplendissant.La vieille terre, en bas,‖ se tait et diminue.
Monte. Le clair abîme‖ ouvre à ton vol puissantLes houles de l'azur‖ que le soleil flagelle.Dans la brume, le globe,‖ en bas, va s'enfonçant.
Monte. La flamme tremble‖ et pâlit, le ciel gèle,Un crépuscule morne‖ étreint l'immensité.Monte, monte et perds-toi‖ dans la nuit éternelle :
Un gouffre calme, noir,‖ informe, illimité,L'évanouissement‖ total de la matièreAvec l'inénarrable‖ et pleine cécité.
Esprit ! monte à ton tour‖ vers l'unique lumière.Laisse mourir en bas‖ tous les anciens flambeaux,Monte où la Source en feu‖ brûle et jaillit entière.
De rêve en rêve, va !‖ des meilleurs aux plus beaux.Pour gravir les degrés‖ de l'Échelle infinie,Foule les dieux couchés‖ dans leurs sacrés tombeaux.
L'intelligible cesse,‖ et voici l'agonie,Le mépris de soi-même,‖ et l'ombre, et le remord,Et le renoncement‖ furieux du génie.
Versification
- Forme
- Terza rima classique (terza rima)
- Rimes
- 7(aba) b
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a nue / diminue féminine, classiqueb resplendissant / puissant / s'enfonçant masculine, classiqueb flagelle / gèle / éternelle féminine, classiqueb l'immensité / illimité / cécité masculine, classiqueb matière / lumière / entière féminine, classiqueb flambeaux / beaux / tombeaux masculine, classiqueb infinie / l'agonie / génie féminine, classiqueb remord / mort masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
22 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes barbares, Librairie Alphonse Lemerre, Paris, 1889· numérisation gallica.bnf.fr· Sources