Poèmes barbares, 1862
Le dernier Souvenir
J'ai vécu, je suis mort.‖ — Les yeux ouverts, je couleDans l'incommensurable‖ abîme, sans rien voir,Lent comme une agonie‖ et lourd comme une foule.
Inerte, blême, au fond‖ d'un lugubre entonnoirJe descends d'heure en heure‖ et d'année en année,A travers le Muet,‖ l'Immobile, le Noir.
Je songe, et ne sens plus.‖ L'épreuve est terminée.Qu'est-ce donc que la vie ?‖ Étais-je jeune ou vieux ?Soleil ! Amour ! — Rien, rien.‖ Va, chair abandonnée !
Tournoie, enfonce, va !‖ Le vide est dans tes yeux,Et l'oubli s'épaissit‖ et t'absorbe à mesure.Si je rêvais ! Non, non,‖ je suis bien mort. Tant mieux.
Mais ce spectre, ce cri,‖ cette horrible blessure ?Cela dut m'arriver‖ en des temps très anciens.O nuit ! Nuit du néant,‖ prends-moi ! — La chose est sûre :
Versification
- Forme
- Terza rima classique (terza rima)
- Rimes
- 5(aba) b
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a coule / foule féminine, classiqueb voir / entonnoir / Noir masculine, classiqueb année / terminée / abandonnée féminine, classiqueb vieux / yeux / mieux masculine, classiqueb mesure / blessure / sûre féminine, classiqueb anciens / souviens masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes barbares, Librairie Alphonse Lemerre, Paris, 1889· numérisation gallica.bnf.fr· Sources