Poèmes barbares, 1862
Le Vœu suprême
Certes, ce monde est vieux,‖ presque autant que l'enfer.Bien des siècles sont morts‖ depuis que l'homme pleureEt qu'un âpre désir‖ nous consume et nous leurre,Plus ardent que le feu‖ sans fin et plus amer.
Le mal est de trop vivre,‖ et la mort est meilleure,Soit que les poings liés‖ on se jette à la mer,Soit qu'en face du ciel,‖ d'un œil ferme, et sur l'heure,Foudroyé dans sa force,‖ on tombe sous le fer.
Toi, dont la vieille terre‖ est avide, je t'aime,Brûlante effusion‖ du brave et du martyr,Où l'âme se retrempe‖ au moment de partir !
O sang mystérieux,‖ ô splendide baptême,Puissé-je, aux cris hideux‖ du vulgaire hébété,Entrer, ceint de ta pourpre,‖ en mon éternité !
Versification
- Forme
- Sonnet peu classique (sonnet)
- Rimes
- abba baba cdd cee
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a l'enfer / amer masculine, classiqueb pleure / leurre féminine, classiquea meilleure / l'heure féminine, classiqueb mer / fer masculine, classiquea t'aime / baptême féminine, classiqueb martyr / partir masculine, classiqueb hébété / éternité masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes barbares, Librairie Alphonse Lemerre, Paris, 1889· numérisation gallica.bnf.fr· Sources