Poèmes barbares, 1862
Les Spectres I
Trois spectres familiers‖ hantent mes heures sombres.Sans relâche, à jamais,‖ perpétuellement,Du rêve de ma vie‖ ils traversent les ombres.
Je les regarde avec‖ angoisse et tremblement.Ils se suivent, muets‖ comme il convient aux âmes.Et mon cœur se contracte‖ et saigne en les nommant.
Ces magnétiques yeux,‖ plus aigus que des lames,Me blessent fibre à fibre‖ et filtrent dans ma chair ;La moelle de mes os‖ gèle à leurs mornes flammes.
Sur ces lèvres sans voix‖ éclate un rire amer.Ils m'entraînent, parmi‖ la ronce et les décombres,Très loin, par un ciel lourd‖ et terne de l'hiver.
Versification
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a sombres / ombres féminine, classiqueb perpétuellement / tremblement / nommant masculine, classiqueb âmes / lames / flammes féminine, classiqueb chair / amer / l'hiver masculine, classiqueb décombres / sombres féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
13 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes barbares, Librairie Alphonse Lemerre, Paris, 1889· numérisation gallica.bnf.fr· Sources