Poèmes tragiques, 1884
Épiphanie
ELLE passe, tranquille,‖ en un rêve divin,Sur le bord du plus frais‖ de tes lacs, ô Norvège !Le sang rose et subtil‖ qui dore son col finEst doux comme un rayon‖ de l'aube sur la neige.
Au murmure indécis‖ du frêne et du bouleau,Dans l'étincellement‖ et le charme de l'heure,Elle va, reflétée‖ au pâle azur de l'eauQu'un vol silencieux‖ de papillons effleure.
Quand un souffle furtif‖ glisse en ses cheveux blonds,Une cendre ineffable‖ inonde son épaule ;Et, de leur transparence‖ argentant leurs cils longs,Ses yeux ont la couleur‖ des belles nuits du Pôle.
Purs d'ombre et de désir,‖ n'ayant rien espéréDu monde périssable‖ où rien d'ailé ne reste,Jamais ils n'ont souri,‖ jamais ils n'ont pleuré,Ces yeux calmes ouverts‖ sur l'horizon céleste.
Et le Gardien pensif‖ du mystique orangerDes balcons de l'Aurore‖ éternelle se penche,Et regarde passer‖ ce fantôme légerDans les plis de sa robe‖ immortellement blanche.
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a divin / fin masculine, classiqueb Norvège / neige féminine, classiquea bouleau / l'eau masculine, classiqueb l'heure / effleure féminine, classiquea blonds / longs masculine, classiqueb épaule / Pôle féminine, classiquea espéré / pleuré masculine, classiqueb reste / céleste féminine, classiquea oranger / léger masculine, classiqueb penche / blanche féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes tragiques, Librairie Alphonse Lemerre, Paris, 1886· numérisation ATILF Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française· Sources