La forêt bleue, 1883· La forêt bleue· Sonnets mornes Umbra
Le puits qui chante
A CHARLES BAUDELAIRE
Las de trouver au gîte‖ une femme méchante,Les soirs, quand il rentrait‖ harassé du labour,Il allait, le pauvre homme,‖ à pas lents dans sa courS'asseoir au large bord‖ dallé du puits qui chante.
Le front calme, attentif‖ à la chanson touchanteDes rêves éclipsés‖ et des heures d'amour,Le pauvre homme attendri‖ venait la chaque jourPris aux voix du passé,‖ dont l'écho seul enchante.
Il y vint tant de fois‖ que l'aube à son retourUn matin l'y trouva‖ mort. Admirant son zèleEt l'exemple nouveau‖ d'un trépas si fidèle,
J'avais pris dans mes mains‖ cet humble front trop lourd,Quand sa femme accourue‖ au bord de la margelle,Me dit : « Ne pleurez pas,‖ le pauvre homme était sourd. »
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abba abba cdd cdc
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a méchante / chante féminine, classiqueb labour / cour masculine, classiquea touchante / enchante féminine, classiqueb d'amour / jour masculine, classiquea retour / lourd / sourd masculine, non classiqueb zèle / fidèle / margelle féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.5· écart moyen à la rime classique 0.6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La forêt bleue, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1883· Sources