La forêt bleue, 1883· La forêt bleue· La halte
Primavera
A ANDRÉ THEURIET
O jeunesse, ô printemps,‖ ô fille étrange et douce,Dont le rire éclatant‖ emplissait les grands bois,Ris-tu, Primavera,‖ toujours comme autrefoisLa nuit, dans l'ombre chaude‖ et calme où l'herbe pousse ?
Tremblants, à pas furtifs‖ et légers sur la mousse,Les chevreuils effarés‖ accouraient à ta voix,Et, folle, tu riais,‖ quand à travers tes doigtsLeurs dents courtes mordaient‖ ta peau blanche de rousse.
Leurs bruns et clairs regards,‖ où tes grands yeux païensSe miraient, rayonnaient‖ dans l'ombre auprès des tiens ;Sur les roseaux froissés‖ l'eau s'égrenait en perles
Et sous les chênes verts,‖ par la lune argentés,J'errais seul avec toi‖ par les sentiers hantésDes fauves, jusqu'à l'heure‖ où s'éveillent les merles
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a douce / pousse féminine, classiqueb bois / autrefois masculine, classiquea mousse / rousse féminine, classiqueb voix / doigts masculine, classiquea païens / tiens masculine, classiqueb perles / merles féminine, classiquea argentés / hantés masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La forêt bleue, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1883· Sources