La forêt bleue, 1883· Le pays des fées
Tiphaine
A LÉON CLADEL
Tiphaine, elle, invisible,‖ au bord des fondrièresErrait au clair de lune,‖ et les roses bruyères,Se haussant sur leur tige‖ en fleurs, baisaient sa main.
De peur qu'un indiscret‖ rôdeur voulut la suivre,Elle marchait pieds nus,‖ et, sur ses pas, un nainRefermait la broussaille‖ obscure, et son henninSe profilait en noir‖ sur le grand ciel de cuivre.
Tambourinant des doigts‖ sur un miroir poliL'appel aux quatre vents‖ de l'espace sonore,Elle faisait chanter‖ la rouge mandragore,Puis, tournoyant trois fois‖ sur un rythme joli
Et tendre, elle cueillait‖ enfin la fleur d'oubli,Dont l'essence mêlée‖ au suc des jusquiamesRend la vigueur au mâle‖ et la jeunesse aux femmes.
Versification
- Forme
- Distiques (strophes variées)
- Rimes
- 2[aa] 1[abaab] 1[abbaa]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 2 distiques, 2 quintils
- Mots à la rime
- a fondrières / bruyères féminine, classiqueb main / nain / hennin masculine, classiquea suivre / cuivre féminine, classiquea poli / joli / d'oubli masculine, classiqueb sonore / mandragore féminine, classiqueb jusquiames / femmes féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La forêt bleue, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1883· Sources