Le sang des dieux, 1882· II Parfums anciens· Sonnets
Florence Ii
A MADAME LA COMTESSE DE BONIS
TOUT est mort, tes palais‖ aux frêles campaniles,Que l'abandon emplit‖ de son rêve argenté,Se taisent aujourd'hui,‖ tristement immobilesSous l'azur étouffant‖ des longues nuits d'été.
Et si jamais le Dante,‖ auprès du grand Virgile,Revenait à minuit,‖ au faubourg écarté,Parcourir à pas lents‖ et visiter sa ville,Son grand cœur florentin‖ en serait attristé.
Seul au bord de l’Arno, suivant au clair de luneLes grands escaliers blancs‖ qu'assombrit la nuit brune,Il irait frapper droit‖ au palais de Bonis ;
Et vous voyant absente‖ au fond du foyer vide,Il dirait, inclinant‖ son beau front vers son guide :« Ils m'ont changé Florence‖ et pris ma Béatrix ! »
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abab cdcd eef ggf
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a campaniles / immobiles féminine, classiqueb argenté / d'été masculine, classiquea Virgile / ville féminine, classiqueb écarté / attristé masculine, classiquea lune / brune féminine, classiqueb Bonis / Béatrix masculine, classiquea vide / guide féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le sang des dieux, Paris, EDOUARD-JOSEPH, ÉDITEUR, 1920· numérisation archive.org· Sources