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un seul est le mot juste.

Le sang des dieux, 1882· I Légendes dorées

La douleur du roi Witlaw

Jean Lorrain· distiques, alexandrins surtout, 324 vers

A VICTOR HUGO

LE roi Witlaw le chauve,‖ exarque de Finlande,Est triste ; il a pourtant‖ sur la côte normandeTrois cents vaisseaux d'érable,‖ à la poupe d'or pur,Qui le font roi du golfe,‖ et neuf îles d'azur,Perles du gouffre amer,‖ étoilent sa couronne.Anolt, Fionie,‖ Helgoland la Saxonne,Lui paient tribut de cuivre‖ et d'étain, les ŒlandsAvec le port d'Ascren‖ cher aux vieux rois normandsSont sa part de conquête,‖ et les îles BaltiqueFont une aube de gloire‖ à son casque héraldique,Que surplombe au cimier‖ l'aigle noir d'Imanus.Il a Mona pour trône‖ et la vieille Aarhus,Dont les bleus horizons‖ sont pleins de campanileEt de mâts frissonnants‖ dans l'espace, est sa ville.

Debout parmi les flots‖ et bravant leur effort,Vingt colosses de marbre‖ en observent le port,Ressuscitant chacun‖ les héros de la raceDont Witlaw est le fils,‖ et, quand, à la terrasse,Witlaw, roi des Saxons,‖ vient s'accouder, les soirs,Au milieu des parfums‖ mourants des encensoirs,Il a pour horizon‖ dans la splendeur du rêve,Vaste échiquier de pierre‖ oublié sur la grève,Aarhus endormie‖ aux pieds des rois géants.

Pourtant Witlaw est triste ;‖ assis parmi ses grands,Il est là qui se tait,‖ lourd de pourpre et d'hermineEt sa barbe neigeuse‖ inonde sa poitrineToute blanche ; il soupire,‖ il ne peut oublierQu'il a quatre-vingts ans‖ et n'a point d'héritier,Que sa race finit‖ à Bertrade la blonde,Que Bertrade est mourante‖ et qu'il n'a qu'elle au mondePour relever le nom ;‖ il songe qu'il est seul,Les doigts noirs des valets‖ lui coudront son linceulEt de son lit de mort‖ il verra, blanc fantôme,Aux mains des fiers vassaux‖ s'en aller son royaume,Sa ville, sa couronne,‖ et son nom dans l'oubliS'éteindra, nimbe d'or‖ entre ses doigts pâli,Emportant avec lui‖ la splendide épopéeDes aïeux, désormais,‖ la main sur leur épée,Écroulés dans l'oubli‖ du repos éternel.Or un soir qu'il songeait,‖ plus triste et solennelQue la veille, affaissé‖ contre la balustradeDe la haute terrasse‖ et le nom de BertradeAux lèvres, le vieux sire,‖ au fauve et lent rayonDu couchant qui tombait,‖ eut cette vision :L'ombre des rois géants,‖ s'allongeant sur la grève,Montait dans la stupeur‖ effrayante du rêveAux balustres de pierre,‖ où Witlaw, chaque soir,Venait pleurer, et là,‖ formaient un grand pan noirDe ténèbre, où soudain‖ dans la clarté des songesUn spectre, un être affreux‖ d'horreur et de mensonges,Se dégageait livide,‖ inouï, surhumain,Dieu tenant à la fois‖ du géant et du nain,Géant aux bras noueux,‖ nain grêle au front difforme.Un casque d'or verdâtre,‖ ailé d'or mat, énorme,Ceignait sa tempe humide,‖ où couraient des lueurs.Glauque et verte, sa peau‖ moite avait des sueursPâles, d'où s'exhalait‖ une acre odeur marineEt des crânes humains‖ jouaient sur sa poitrineEn lourds colliers.Les bras croisés et les yeux clos,D'une voix lente et qui‖ semblait sortir des flots,Le nain prit la parole‖ et dit au roi stupide :

« Sigur, fils de Wotan,‖ fils d'Ymer, fils d'Énide,« Fut grand et fort ; son glaive‖ et son casque étaient d'or.« En deux ans il soumit‖ les peuplades d'Arvor« Et mourut ; après lui‖ vint Cédric le rigide ;« Son bras était d'acier,‖ et sa barque rapide« Aborda la première‖ au rivage breton.« Les vieux harpeurs gallois‖ ont conservé son nom.« Hastings, qui fut son fils,‖ lui, ramena des rives« Des Saxons tout un peuple‖ en larmes de captives,« Si nombreux, que chacun‖ des jarls en avait trois« Pour leur servir à boire‖ et les bâtards du roi« Pullulaient plus serrés‖ que les sables des grèves.« Wilfrid, après mille ans, étonne encor les rêves« Des soldats attardés‖ aux nocturnes récits.« Harold, Yniol, Gérain‖ furent grands, ses deux fils« En valaient trente ; Otto‖ derrière ses armées« Traînait, pieds et poings liés,‖ les pâles renommées.« Macumer fut terrible‖ et dur, les rois du Nord« Se couchaient à plat ventre‖ en entendant son cor« Appeler la famine‖ et l'effroi dans les landes.« Le grand Kanut emplit‖ à lui seul vingt légendes.« Quand, les soirs de bataille,‖ il passait dans les rangs« Des morts restés debout,‖ ses genoux durs et blancs« Luisaient et son cheval‖ avait le poitrail rouge.« Avant Héric le noir,‖ l'Irlande était un bouge.« Héric vint et prenant‖ le barbare aux talons,« Lui rompit la cervelle ;‖ Édryn aux cheveux blonds« Était un gars farouche‖ et terrible aux pucelles.« Des femmes se tordaient‖ entre ses mains cruelles.« En dix mois il força‖ vingt villes et viola« Douze filles de rois,‖ dont celle de Bêla,» Roi de Spire, et qui fut‖ depuis duchesse en Flandre.« Comme un bois de sapins‖ au vent froid de décembre,« Les harpes de granit‖ des vieux scaldes chrétiens« Se brisaient au seul nom d’Odrus, rois des païens ;« Car le glaive d'Odrus‖ faisait fleurir les plaines,« Toujours humide et frais‖ du sang pur de ses veines,« Et les corbeaux volaient‖ autour de son cimier.« Enfin de tout ces rois‖ le fils et le dernier,« Erdors vint, digne encor‖ de ces races hautaines ;« César des monts neigeux‖ et des îles lointaines« Qui nagent dans le ciel‖ et les gouffres amers,« Erdors pour échiquier‖ avait l'azur des mers« Et les rois, noirs bergers,‖ entre ses mains dociles,« Sentant son pied posé‖ sur leurs nuques serviles,« Au gré de ses dix doigts pétrissaient l’univers,« Ce fut tout.Tous ces rois, fils de rois, durs et fiers,« De leur cimier tragique‖ épouvantant l'histoire,« Resplendissent si haut‖ dans l'aurore et la gloire,« Que leur crime à travers‖ les siècles entrevus« A leurs fronts rayonnants‖ fait une aube de plus.« Pourquoi ?C’est qu’à travers l’âpre horreur des mêlées,« Les meurtres et les cris‖ des vierges violées,« Le roi Wiking, fidèle‖ au culte des aïeux,« Ne renia jamais‖ le nom des anciens dieux.« A l'essieu de leur char‖ Odin et ses prêtresses« Attachaient la Victoire‖ avec leurs longues tresses« Et celle qui se plaît‖ aux sublimes efforts« Des mâles se heurtant‖ dans l'ombre avec les forts,« La blanche Walkyrie,‖ amante des batailles,« Était là, du sang bleu‖ sorti de leurs entrailles« Faisant pour les combats‖ et les meurtres futurs« Renaître d'autres fils‖ aux membres blancs et durs.

« La splendeur d'une race‖ est dans la foi gardée« Aux aïeux ; mais depuis‖ que le dieu de Judée« A mêlé son sang chrême‖ au sang bleu des Wikings« Dans Witlaw le maudit,‖ honte et remords d'Hastings,« Les dieux ont détourné‖ leur front de notre race.« O roi, voilà pourquoi,‖ les soirs, à la terrasse« Du vieux palais, bâti‖ par les vieux rois païens,« Tu viens pleurer dans l'ombre‖ et le dieu des chrétiens« Ne peut rendre, enfermé‖ dans l'or de son ciboire,« Ni la vie aux mourants‖ ni l'éclat à ta gloire !« Tu triomphais… Christus‖ t'avait entre les forts« Sacré roi de la terre‖ et tu bravais les morts,« Quand voilà que la mort,‖ montant du passé sombre,« Prend ta fille à la gorge‖ et la couche dans l'ombre.« Tes parjures, Witlaw,‖ ont filé son linceul.« Or toi, père et vieillard,‖ désormais triste et seul,« Moi l'esprit de ta race,‖ envoyé pour maudire,« Par pitié je veux bien,‖ vieillard, encor te dire« Un seul mot… : ton salut.Retourne aux anciens dieux,« Abandonne le Christ‖ et son culte odieux ;« Comme autrefois Hastings,‖ extermine ses prêtres« Et relève Irmenseul ;‖ le courroux des ancêtres,« Prêt à s'appesantir,‖ est sur ton front maudit.« Adore en moi leur gloire‖ et Bertrade revit,« Adore et, remontant‖ les degrés de l'histoire.« Tu fleuris dans ta race‖ et renais dans la gloire. »Et Witlaw face à face‖ englobant le démon,Se signa lentement et lui répondit :« Non,« Christus est Dieu, va-t-en ! »Et la face accabléeDans ses mains, le vieux roi pleura.L’ombre étoiléePalpitait sur sa tête‖ et, quand il la leva,La nuit des rois géants,‖ le nain n'étaient plus là :La lune blanchissait‖ la terrasse isolée.Seulement près de lui,‖ calme et de blanc voilée,Moins qu'une ombre, une forme‖ au vague et pur profilSe tenait appuyée à la rampe.Au périlLe roi fixa les yeux‖ et reconnut Bertrade.

Or lui, qui la savait‖ moribonde et maladeDans un cloître éloigné,‖ ne comprit pas d'abordComment, les bras en croix,‖ sous ses longs cheveu* d'or,Bertrade avait quitté‖ l'enclos du cloître austèreEt, traversant le mont‖ et le val solitaire,Se trouvait près de lui‖ souriante et debout.

« La très sainte Marie‖ et l'Esprit qui sait tout« Vers vous m'ont envoyée‖ en hâte, mon doux père,Dit-elle d'une voix‖ si douce, que la terreFrémissait, tant le ciel‖ était dans cette voix,« Car Jésus, qui voit l'ombre‖ au fond du cœur des rois,« Sait pourquoi chaque soir‖ à la haute terrasse« Vous venez vous asseoir‖ pensif. Non, votre race« N'est point morte avec vous,‖ car vous avez dit : « Non »« Au Maudit, et Christus‖ a vaincu le démon.« J'ai maintenant aussi‖ mon excuse à vous faire ;« Père, j'ai mérité‖ votre auguste colère« Royale en refusant‖ obstinément l'époux« Que vous me destiniez :‖ j'ai vécu loin de vous« A l'heure où, s'affaissant‖ lentement vers la tombe,« L'aigle royal avait‖ besoin de la colombe.« J'ai fui, lâche, évitant‖ le calice de fiel« Pour m’enfermer vivante et ravie en plein ciel« Au cloître ; et le fait est,‖ mon père, que les filles« Ne sont pas ce qu'il faut‖ aux anciennes familles :« La femme, esclave et proie,‖ est la part de l'époux.« Mais un fils au regard‖ ferme et clair, au poil roux« Est le digne soutien‖ qui sied aux nobles races.« La robe est pour la femme,‖ aux hommes les cuirasses,« Aux rois le sceptre d'or,‖ aux reines le fuseau. »— « Le Seigneur m'a courbé,‖ plié comme un roseau,Pensait le roi Witlaw‖ en écoutant Bertrade.« Comment aurais-je un fils ?‖ je suis vieux et malade.« Les nonnes ont tourné‖ la tête à cette enfant. »

Et Bertrade sourit‖ dans l'ombre en poursuivant :« Un miracle est possible‖ à tout âge, mon père,« Quand le Seigneur le veut ;‖ une vierge fut mère,« Abraham eut d'Agar‖ un fils à cent dix ans ! »Et lui. haussant l'épaule :‖ « Ou j'ai perdu le sensMurmurait le vieux sire,‖ ou cette enfant est folle. »Sans voir, le pauvre roi,‖ qu'une chaude auréoleSur le front de Bertrade‖ errait, cercle de feux.

Posant alors sa main‖ pâle entre les cheveuxArgentés du vieillard,‖ elle dit à voix basse :« Père, reportez-vous‖ dans le nombre et l'espace« Au temps, où votre barbe‖ et vos cils étaient d'or.« Reportez-vous, mon père,‖ aux falaises d'Arvor,« La journée où Witlaw‖ emporta la victoire.« Les morts et les chevaux‖ jonchent la grève noire« Et le champ de bataille,‖ où lente vient la nuit,« Se tait ; vainqueurs, vaincus,‖ prisonniers, tout a fui.« Seul, oublié dans l'ombre‖ à travers la déroute,« Un traînard, un blessé,‖ s'agite sur la route.« Il tire par la bride‖ un cheval et son sang…— « Je le vois, dit Witlaw,‖ la blessure est au flanc« Droit, ouverte…— « Et son sang s’échappe goutte à goutte« De la plaie : il s'arrête‖ et se penche, il écoute…« Pas un souffle ; au lointain‖ pas un appel de cor.« Partout la grève immense‖ et déserte d'Arvor.« Seulement vers le Sud,‖ sous le ciel bas et terne,« Comme auprès d'un écueil‖ une louche lanterne« De corne, affreux signal‖ des naufrageurs de nuit.« Au pied de la falaise‖ un feu vacille et luit.« Le blessé, l'œil tendu‖ sur la flamme incertaine,« Se traîne sur la grève…Et le roi sans haleineInterrompit : « Je vois,‖ c'est bâtie en galets,« Une cabane obscure,‖ où sèchent des filets« De pêcheur…Et, d’un geste interrompant son père,Bertrade dit : « Voyez‖ au fond de la chaumière.

« Un homme est étendu‖ sur du varech ; il dort.« Debout à son chevet,‖ levant avec effort« Pour le voir respirer‖ une lampe de cuivre,« Une femme est auprès,‖ son œil pur est comme ivre« Et l'on voit dans la nuit‖ palpiter son sein nu.« Elle admire en sueur‖ et pâle l'inconnu.« Cette femme attentive‖ est la femme de l'hôte.« Lui, l'époux, depuis l'aube‖ est voguant sous la côte ;« Car, au lieu de deux corps‖ à nourrir, ils sont trois« Dans la hutte, où le serf‖ héberge un fils de rois.« Mais quel souffle brutal‖ a soufflé la lumière ?« La femme avec un cri‖ s'est jetée en arrière…« O honte ! l'inconnu,‖ père, ne dormait pas« Et, saisie, enlacée,‖ étreinte entre ses bras,« La femme est là qui tremble,‖ effrayée et farouche.« Près du guerrier assise‖ au rebord de sa couche,« Effroyable baiser,‖ double complicité« Violant la foi jurée‖ et l'hospitalité…« Ce traître envers son hôte‖ et cet homme adultère« Connaissez-vous son nom ?Et, fermant sa paupièrePour retenir un pleur,‖ Witlaw dit : « Je le sais. »

— « Dix-neuf ans sont passés ;‖ la cabane aux filets« Est toujours là debout‖ sur la grève isolée.« Le guerrier est parti,‖ la femme, elle, est restée« Avec son repentir ;‖ la faute et le remord« Ont fleuri, le pêcheur,‖ homme probe, en est mort« Et l'enfant calme et rose‖ a grandi, comme un rêve,« Renié par son père,‖ adopté par la grève,« Rarement caressé‖ par la mère aux yeux lourds ;« Puis un soir de clémence,‖ après bien des longs jours,« La mort est revenue‖ heurter à l'humble porte,« Dans l'ombre, où l'attendait‖ depuis quinze ans la morte.« Et l'enfant orphelin‖ est resté seul, au soin« De la grève nourrice,‖ allant de loin en loin« Voir, perdu comme lui‖ dans l'âpre solitude,« Un vieux moine,un saint homme‖ au cœur pur,au front rude.« L'enfant auprès de lui‖ sculpte des croix de bois« Que le moine va vendre‖ et le fils de nos rois« Vit de la charité‖ d'un prêtre centenaire,« Du produit de ses doigts,‖ ignoré de son père« Aujourd'hui sans enfant,‖ comme il est, lui, sans pains. »

Et Witlaw, le front moite,‖ ayant joint ses deux mains,Se leva tout debout‖ et dit : « Est-ce possible ?

— « Dieu juste prend le cœur‖ des rois hautains pour cible.« Or, si grand est le nombre‖ affreux de leur forfait« Que, courbé sous sa main,‖ nul d'entre eux tous ne sait« Quel crime ineffacé‖ de leur vie ils expient…« Tous tombent à genoux‖ alors, tous ils s'écrient :« Mon cœur est innocent ;‖ qu'ai-je donc fait, Seigneur ?« Witlaw a dérobé‖ la femme du pécheur.« David au brave Urie‖ a volé Betsabée »

Witlaw alors se tut,‖ la tête encor courbéePlus bas que tout à l'heure,‖ atone, épouvanté,Plus blême à cette voix‖ pleine de véritéQu'à l'aspect monstrueux‖ de l'esprit de sa race.

L'Aurore se levait‖ sur la blanche terrasse,Éclairant vaguement‖ les rampes d'escaliers.Witlaw alors, levant‖ ses regards humiliés,Vit que Bertrade avait‖ les lèvres violettesEt que ses pieds, serrés‖ d'étroites bandelettes,Comme dans l'air errants,‖ ne touchaient pas le sol.Elle semblait dormir‖ immobile en son vol,Comme une feuille d'or‖ qu'un vent léger emporte,Et lui comprit alors‖ que sa fille était morteEt s'écria : « Bertrade !‖ »… Elle avait disparu.

A cette heure un courrier‖ entrait dans Aarhu,Annonçant que Bertrade,‖ abbesse au mont Saint-Edme,Avait passé la veille‖ et Witlaw, le jour même,Se rendit à cheval aux falaises d’Arvor,Trouva l'enfant sculptant‖ auprès du moine, au bordDes flots et, sur son front‖ ayant mis la couronneDe Sigur et d'Hastings,‖ fit en langue saxonneAux Saxons, en danoise‖ aux Norvégiens, l'aveuDe sa faute, du rêve‖ et, devant le ciel bleuAyant fait reconnaître‖ à tous roi de FinlandeSon fils Herber, mourut.‖ Ainsi, dit la légendeFut fondé en l'an mil‖ et vingt après le Christ(Gerbert a consigné‖ le fait dans un écrit)L'ère des rois chrétiens,‖ Witlaw, Herber, Étienne,Qui furent grands après‖ ceux de l'ère païenneCommencée à Sigur‖ et close au fils d'Erdors.

Que le ciel ait leur âme‖ et le tombeau leurs corps.

Versification

Forme
Distiques
Rimes
156((aa))
Mètre
Alexandrins surtout (321 de 12, 2 de 13, 1 de 10)· profil 4+6, 6+6, 5+8
Mots à la rime
a Finlande / normande féminine, classiqueb pur / d'azur masculine, classiquec couronne / Saxonne féminine, classiqued Œlands / normands masculine, classiquee Baltique / héraldique féminine, classiquef d'Imanus / Aarhus masculine, classiqueg campanile / ville féminine, classiquea effort / port masculine, classiqueb race / terrasse féminine, classiquec soirs / encensoirs masculine, classiqued rêve / grève féminine, classiquee géants / grands masculine, classiqueb d'hermine / poitrine féminine, classiquec oublier / d'héritier masculine, classiqued blonde / monde féminine, classiquee seul / linceul masculine, classiquef fantôme / royaume féminine, classiqueg l'oubli / pâli masculine, classiqueh épopée / épée féminine, classiquei éternel / solennel masculine, classiquej balustrade / Bertrade féminine, classiquek rayon / vision masculine, classiquel grève / rêve féminine, classiquem soir / noir masculine, classiquen songes / mensonges féminine, classiqueo surhumain / nain masculine, classiquep difforme / énorme féminine, classiqueq lueurs / sueurs masculine, classiquer marine / poitrine féminine, classiques colliers / clos / flots masculine, classiquet stupide / d'Énide féminine, classiqueb d'or / d'Arvor masculine, classiquec rigide / rapide féminine, classiqued breton / nom masculine, classiquee rives / captives féminine, classiquef trois / roi masculine, non classiqueg grèves / rêves féminine, classiqueh récits / fils masculine, classiquei armées / renommées féminine, classiquej Nord / cor masculine, non classiquek landes / légendes féminine, classiquel rangs / blancs masculine, classiquem rouge / bouge féminine, classiquen talons / blonds masculine, classiqueo pucelles / cruelles féminine, classiquep viola / Bêla masculine, classiqueq Flandre / décembre féminine, assonanter chrétiens / païens masculine, classiques plaines / veines féminine, classiquet cimier / dernier masculine, classiqueu hautaines / lointaines féminine, classiquev amers / mers masculine, classiquew dociles / serviles féminine, classiquex l’univers / tout / fiers masculine, classiquey l'histoire / gloire féminine, classiquez entrevus / plus masculine, classiquea Pourquoi / mêlées / violées féminine, classiqueb aïeux / dieux masculine, classiquec prêtresses / tresses féminine, classiqued efforts / forts masculine, classiquee batailles / entrailles féminine, classiquef futurs / durs masculine, classiquea gardée / Judée féminine, classiqueb Wikings / d'Hastings masculine, classiqued païens / chrétiens masculine, classiquee ciboire / gloire féminine, classiquef forts / morts masculine, classiqueg sombre / l'ombre féminine, classiqueh linceul / seul masculine, classiquei maudire / dire féminine, classiquej salut / dieux / odieux masculine, classiquek prêtres / ancêtres féminine, classiquel maudit / revit masculine, classiquen démon / répondit / Non masculine, classiqueo en / accablée / pleura / étoilée féminine, classiquep leva / là masculine, classiqueq isolée / voilée féminine, classiquer profil / rampe / péril masculine, classiques Bertrade / malade féminine, classiqueb d'abord / d'or masculine, non classiquec austère / solitaire féminine, classiqued debout / tout masculine, classiqueb père / terre féminine, classiquec voix / rois masculine, classiqued terrasse / race féminine, classiquee Non / démon masculine, classiquef faire / colère féminine, classiqueg l'époux / vous masculine, classiqueh tombe / colombe féminine, classiquei fiel / ciel masculine, classiquej filles / familles féminine, classiquek l'époux / roux masculine, classiquel races / cuirasses féminine, classiquem fuseau / roseau masculine, classiqueo enfant / poursuivant masculine, classiqueb père / mère féminine, classiquec ans / sens masculine, classiqued folle / auréole féminine, classiquee feux / cheveux masculine, classiqueb basse / l'espace féminine, classiqued victoire / noire féminine, classiquee nuit / fui masculine, non classiquef déroute / route féminine, classiqueg sang / flanc masculine, classiqueh ouverte / goutte / écoute féminine, classiquei cor / d'Arvor masculine, classiquej terne / lanterne féminine, classiquek nuit / luit masculine, classiquel incertaine / grève / haleine féminine, classiquem galets / filets masculine, classiquen pêcheur / père / chaumière féminine, classiquea dort / effort masculine, classiqueb cuivre / ivre féminine, classiquec nu / l'inconnu masculine, classiqued l'hôte / côte féminine, classiquee trois / rois masculine, classiquef lumière / arrière féminine, classiqueg pas / bras masculine, classiqueh farouche / couche féminine, classiquei complicité / l'hospitalité masculine, classiquej adultère / nom / paupière féminine, classiquek sais / filets masculine, classiqueb isolée / restée féminine, classiquec remord / mort masculine, classiquee lourds / jours masculine, classiquef porte / morte féminine, classiqueg soin / loin masculine, classiqueh solitude / rude féminine, classiquei bois / rois masculine, classiquej centenaire / père féminine, classiquek pains / mains masculine, classiqueb possible / cible féminine, classiqueb forfait / sait masculine, classiquec expient / s'écrient féminine, classiqued Seigneur / pécheur masculine, classiquee Betsabée / courbée féminine, classiqueb épouvanté / vérité masculine, classiqueb d'escaliers / humiliés masculine, classiquec violettes / bandelettes féminine, classiqued sol / vol masculine, classiquee emporte / morte féminine, classiquef disparu / Aarhu masculine, classiqueb Saint-Edme / même féminine, assonantec d’Arvor / bord masculine, non classiqued couronne / saxonne féminine, classiquee l'aveu / bleu masculine, classiquef Finlande / légende féminine, classiqueg Christ / écrit masculine, classiqueh Étienne / païenne féminine, classiquei d'Erdors / corps masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 0.7· écart moyen à la rime classique 0.4

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

324 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le sang des dieux, Paris, EDOUARD-JOSEPH, ÉDITEUR, 1920· numérisation archive.org· Sources