Le sang des dieux, 1882· III Le sang des dieux· Les éphèbes
Narcisse
AUPRÈS d'un clair ruisseau‖ tout fleuri d'asphodèles,Narcisse, le beau pâtre‖ au front ceint de pavots,Dont le nom fait rêver‖ les jeunes immortelles,Narcisse est là, couché,‖ sans force et les yeux clos.
Son front blême et trop lourd‖ pour son épaule grêlePenche dans l'herbe haute‖ et baigne dans les flots.Un désir vide et fou‖ brûle dans sa prunelleEt sa lèvre béante‖ épuise des sanglots.
« Je t'aime et tu me fuis…‖ je t'aime, ô viens Narcisse ! »Il dit. Une sueur‖ inonde son front lisse,Tout son beau corps s'allonge‖ au travers des ruisseaux,
Sa chair vibre… et le front‖ sous les larges calicesDes iris d'eau, l'œil vague,‖ épuisé de délices,L'éphèbe inassouvi‖ meurt au pied des roseaux.
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abab cdcd eef ggf
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a d'asphodèles / immortelles féminine, classiqueb pavots / clos masculine, classiquea grêle / prunelle féminine, classiqueb flots / sanglots masculine, classiquea Narcisse / lisse féminine, classiqueb ruisseaux / roseaux masculine, classiquea calices / délices féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le sang des dieux, Paris, EDOUARD-JOSEPH, ÉDITEUR, 1920· numérisation archive.org· Sources