Les griseries, 1887· Le coin des esthètes· Vieux conte
I. « C'était une pensive et douce créature »
POUR LE PRINCE EDMOND DE POLIGNAC
C'était une pensive‖ et douce créatureAux épaules frêles, froides, comme azurées,Aux petites oreilles‖ jamais effleuréesD’aveux d’amour.Un parc à l’ondoyant murmureLa gardait dans son ombre‖ invisible et murée.Parmi la clématite‖ et la pourpre des mûresElle errait, blanche et calme,‖ écartant les ramures,Et les lilas neigeaient‖ sur sa tête dorée.
Son père, un vieux baron,‖ guerroyait dans de vaguesEt très lointains pays‖ pour un roi de Bohême,Et l'enfant solitaire,‖ assise entre les vagues
De verdure, épelait‖ quelqu'antique poèmeOu suspendait distraite‖ une à une ses baguesAux tiges des roseaux‖ empanachés d'or blême.
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 2[abba] 1[ababab]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6÷6
- Strophes
- 2 quatrains, 1 sizain
- Mots à la rime
- a créature / d’amour / murmure féminine, classiqueb azurées / effleurées féminine, classiquec murée / dorée féminine, classiqued mûres / ramures féminine, classiquea vagues / bagues féminine, classiqueb Bohême / poème / blême féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
15 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les griseries, Paris, TRESSE ET STOCK, LIBRAIRES-ÉDITEURS, 1887· numérisation archive.org· Sources