Œuvres complètes, 1888‑1920· La forêt des nymphes
L’aube de la lune
Regarde la naissance‖ ardente de la lune,Ô Stulcas ! c’est un cœur‖ qui verse sur les eauxLe sang d’une aube horrible‖ et les subtils réseauxQui livrent la dryade‖ à sa triste fortune.
Les ombres des palmiers‖ s’éveillent, et chacuneTraîne deux fils de flamme‖ à ses obscurs fuseaux,Et les crins du centaure‖ et l’aile des oiseauxSe haussent, alourdis‖ d’une pourpre importune.
Le bruit des palmes doux‖ comme la pluie en merTombe et coule sur les‖ bras nus des nymphes. L’airTremble, invisible vol‖ de fraîcheurs fantastiques.
Tout dort. Un crapaud rond‖ plonge dans l’étang clair.La corne du satyre‖ hostile aux troncs antiquesSe détourne des bois‖ et se heurte à la nuit.
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 2[abba] 1[aabab]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a lune / fortune féminine, classiqueb eaux / réseaux masculine, classiquea chacune / importune féminine, classiqueb fuseaux / oiseaux masculine, classiquea mer / L’air / clair masculine, classiqueb fantastiques / antiques féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Pierre Louÿs, 1929 — 1931, tome 13, Genève, SLATKINE REPRINTS, 1973· numérisation wikisource.org· Sources