Œuvres complètes, 1888‑1920· Chrysis
L’ombre
C’est moi ! c’est moi, pauvre âme !‖ ô trop longtemps pleurée !Aux sources de l’Oronte‖ ivres d’aube et d’oiseaux,C’est moi qui sur tes pas‖ abaissais les roseaux,Et de tes hautes mains‖ prenais l’urne altérée.
Et plus tard, quand Éros‖ mêla notre destin,C’est moi qui venais traire‖ au ventre des chamellesLe lait mince, étiré‖ des tremblantes mamelles,Dans l’outre obèse et lisse‖ aux flancs couverts de thym.
Me connais-tu ? Devant‖ la clairière interdite,Je gardais les boucs blancs‖ promis à l’AphroditeEt tressais des iris‖ aux cornes des béliers…
Approche-toi, pauvre âme‖ à jamais solitaire,Ombre qui viens, fidèle‖ à tes champs familiers,Revoir l’eau successive‖ et l’immuable terre.
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cddc eef gfg
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a pleurée / altérée féminine, classiqueb d’oiseaux / roseaux masculine, classiquea destin / thym masculine, classiqueb chamelles / mamelles féminine, classiquea interdite / l’Aphrodite féminine, classiqueb béliers / familiers masculine, classiquea solitaire / terre féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Pierre Louÿs, 1929 — 1931, tome 13, Genève, SLATKINE REPRINTS, 1973· numérisation wikisource.org· Sources