Œuvres complètes, 1888‑1920· Premiers vers
La souffleuse d’étoiles
Entends, ma chère, entends la douce
Nuit qui marche.BAUDELAIRE.
Une nuit‖ de palmes immobilesS’élevait‖ de l’invisible terre.J’étais couché, les yeux perdus…Je ne voyais l’herbe ni les villes,Mais sur le‖ ciel ton profil austèreEt tes mains aux doigts étendus.
La nuit d’améthystes et d’opalesEmbrumait‖ lentement les yeux calmesAux nuages d’un rêve bleu.Des odeurs‖ montaient des lilas pâles,Et la nuit‖ immobile des palmesNoyait les hauteurs peu à peu.
Les étoiles se lèvent‖ la nuitSur la bouche des femmes‖ aimées,Et du bord‖ des lèvres mal ferméesÉclosent des constellations.
C’est un souffle qui passe,Un souffle de femme,Glacé, large‖ et lent, silencieux,Par l’air libre‖ et pur et par les cieux.
1889.
Versification
- Mètre
- Ennéasyllabes et octosyllabes (14 de 9, 4 de 8, 1 de 5, 1 de 6)· profil 8, 3÷6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Pierre Louÿs, 1929 — 1931, tome 13, Genève, SLATKINE REPRINTS, 1973· numérisation wikisource.org· Sources