Œuvres complètes, 1888‑1920· Premiers vers
« Les yeux qui voient la mer et les champs et les eaux »
Les yeux qui voient la mer‖ et les champs et les eauxVerdissent comme une onde‖ immobile et sereine.Il s’y balance encor‖ le profil des roseauxEt leur charme se mêle‖ au chant de la sirène.
La brume vespérale‖ où dorment les étangsVoile d’ombre et de blanc‖ leur eau mystérieuse,Et dans la paix du soir‖ et des bois palpitantsLeur glace éteinte autour‖ des sombres bords se creuse.
D’autres yeux altérés‖ d’y mirer leur effroiSe penchent sur leur nuit‖ pour des nuits éternelles ;Mais le vierge narcisse‖ ira fleurir, lys froid,Sans que les mornes yeux‖ aient troublé leurs prunelles.
30 janvier 1891.
Versification
- Forme
- 3 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 3(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 3 quatrains
- Mots à la rime
- a eaux / roseaux masculine, classiqueb sereine / sirène féminine, classiquea étangs / palpitants masculine, classiqueb mystérieuse / creuse féminine, classiquea effroi / froid masculine, non classiqueb éternelles / prunelles féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.7· écart moyen à la rime classique 0.8
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
12 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Pierre Louÿs, 1929 — 1931, tome 13, Genève, SLATKINE REPRINTS, 1973· numérisation wikisource.org· Sources