Œuvres complètes, 1888‑1920· Premiers vers
Tristesse
La brise du matin‖ chantait sur les îlots.Tout bruissait, à l’heure‖ où tout est près d’éclore.La nature amoureuse‖ était pleine d’auroreEt berçait ma tristesse‖ au rythme des grands flots.
La mer rose semblait,‖ elle aussi, du complot ;Sa tendresse m’était‖ une souffrance encore,Et, quand l’Astre surgit‖ de la plaine sonore,Le soleil de mon cœur‖ sombrait dans un sanglot.
Je pleurais, et la mer‖ exultait, triomphante ;Et tous les désespoirs‖ que la douleur enfanteComme des cris d’oiseaux‖ s’en allaient dans les vents.
Pourquoi tout cet amour,‖ quand l’homme n’est que haine ?Pourquoi les jeunes flots‖ et les soleils levantsDevant l’éternité‖ de la misère humaine ?
Octobre 1889.
Versification
- Forme
- Sonnet non classique (sonnet)
- Rimes
- abba cddc eef gfg
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a îlots / flots masculine, classiqueb d’éclore / d’aurore féminine, classiquea complot / sanglot masculine, classiqueb encore / sonore féminine, classiquea triomphante / enfante féminine, classiqueb vents / levants masculine, classiquea haine / humaine féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Pierre Louÿs, 1929 — 1931, tome 13, Genève, SLATKINE REPRINTS, 1973· numérisation wikisource.org· Sources