Le bonheur de l’étude :, 1817
Discours sur le bonheur
QUE PROCURE L’ÉTUDE DANS TOUTES LES SITUATIONS DE LA VIE
Me verò primùm dulces ante omnia Musœ.
Non, pour nous séparer,‖ en vain l'on m'importune,En vain d'un front riant‖ la trompeuse FortuneM'appèle sur ses pas‖ vers des sentiers fleuris ;Nous resterons ensemble,‖ ô mes livres chéris !Tout entier à vous seuls‖ dans cette solitude,Je veux jouir en paix‖ des douceurs de l'étude.Je veux de vos leçons‖ sans cesse me nourrir,Je veux vivre avec vous,‖ et près de vous mourir.De la Déesse aveugle‖ écoutant les promesses,Assez d'autres sans moi‖ chercheront les richesses ;Assez d'autres des Grands‖ brigueront la faveur,C'est de vous, de vous seuls,‖ que j'attends mon bonheur.
Plaisirs de la raison !‖ ô voluptés de l'âme !Sublime amour du vrai !‖ feu divin dont la flamme,Dans les nobles esprits‖ qui lui servent d'autel,Brûle pour consumer‖ ce qu'ils ont de mortel,Qui des pertes des sens‖ nourrit l'intelligence,L'enivre et la ravit‖ de sa propre excellence !Dans l'univers entier‖ est-il des biens plus doux ?Qu'il est digne d'envie,‖ ô Muses, près de vous,Celui qui, dans l'ardeur‖ d'apprendre et de connaître,De cette nuit confuse‖ où le sort nous fit naître,Avec de longs efforts,‖ par degrés s'affranchit,Et de trésors nouveaux‖ chaque jour s'enrichit !Pour l'homme dépouillé‖ de sa noble nature,Il n'est point ici bas‖ de félicité pure ;Je le sais : toutefois‖ ce roi dépossédéDe son rang sans retour‖ ne fut point dégradé ;De chaque bien jadis‖ perdu par sa disgrace,Dans son âme inquiète‖ un besoin tient la place,Et poussant vers ces biens‖ un éternel soupir,Il met toute sa joie‖ à les reconquérir.Ainsi l'âme, aspirant‖ à sa clarté première',Et s'indigne de l'ombre,‖ et cherche la lumière,Et, faite pour savoir,‖ par l'étude à la foisRetrouve son bonheur‖ et recouvre ses droits.Dans quel ravissement‖ après vingt ans d'absenceUn exilé revoit‖ les lieux de sa naissance !Quel bonheur on, éprouve‖ à l'aspect d'un trésorPerdu depuis longtems‖ et qu'on regrette encor !De l'homme qui s'instruit,‖ sublime et juste emblême !Dans chaque découverte‖ il se trouve lui-même :Aussitôt qu'à ses yeux‖ brille la vérité,De joie à son aspect‖ et d'orgueil transporté,Il reconnaît son bien,‖ et, fier de son partage,Il sent que sa conquête‖ était son héritage.
Volupté ! qu'à l'envi‖ les aveugles mortelsDe leurs veux insensés‖ fatiguent tes autels ;Et, tandis que sans fruit‖ invoquant leur idole,Ils se tourmenteront‖ pour une ombre frivole,Puissé-je, seul et libre,‖ habiter à jamaisCes paisibles hauteurs,‖ ces tranquilles sommets,Ou, loin des vils soucis‖ de l'humaine faiblesse,Dans un calme éternel‖ réside la Sagesse !Ouvrez-vous à mes yeux,‖ ô temples éclatans !Solennels rendez-vous‖ et des lieux et des tems,Où ces mortels divins,‖ que l'étude rassemble,Méditent de concert,‖ et s'éclairent ensemble.Quels sublimes objets !‖ quels spectacles divers !Le monde et son auteur !‖ Dieu, l'homme et l'univers
Avec ravissement,‖ sur cette vaste scèneMon regard ébloui‖ lentement se promène,Et je trouve partout,‖ dans ces nombreux tableaux,De nouvelles leçons‖ et des plaisirs nouveaux ;Semblable au voyageur,‖ qui le front dans les nues,Debout sur l'Appenin‖ ou les Alpes chenues,Contemple au loin l'espace,‖ et d'un œil enchanté,Se perd dans l'étendue‖ et dans l'immensité.Ses annales en main,‖ là l'histoire m'appèle,Des siècles fugitifs‖ confidente immortelle,J'observe, à son flambeau,‖ de vingt peuples éparsLe berceau, les progrès,‖ les mœurs, les lois, les arts.Ici croissent les uns,‖ là les autres succombent ;J'entends le bruit confus‖ des empires qui tombent ;Memphis, Athènes, Rome‖ ont passé tour-à-tour,Et, brillant un moment,‖ nous passerons un jour.Heureux quand du milieu‖ des fureurs et des crimesJe vois jaillir du moins‖ quelques vertus sublimes !
A de plus grands objets‖ élevant ma raison,Là Montesquieu m'enseigne,‖ assis près de Platon,Quelle loi, tour-a-tour‖ dépendans, nécessaires,De la société,‖ nous rend tous tributaires ;Quel besoin réciproque‖ et quels liens secretsDes sujets et des rois‖ joignent les intérêts ;Faisant chérir au peuple‖ une juste puissance,Placent sa liberté‖ dans son obéissance ;Et, par l'heureux secours‖ d'un accord mutuel,Font du bien de chacun‖ le bien universel.
Que vois-je ! pénétrons‖ sous cette voûte obscure :Là, travaille en secret‖ l'éternelle Nature ;Là, sous de noirs rochers‖ rayonnent les cristaux,Ou dans de vastes lits‖ s'étendent les métaux.Là se durcit le fer,‖ qui, sorti de la terre,Armera la faucille‖ ou le char de la guerre ;Là naît l'or, don funeste‖ et fléau précieux.',Ah ! qu’exclu pour jamais‖ de la clarté des cieux,Ne peut-il dans le sein‖ de la mine profonde,Renfermer avec lui‖ les maux qu'il fait au monde !
Sur la terre bientôt,‖ loin de ce noir séjour,L'empire végétal‖ me rappelle à son tourQuelles plantes sans nombre‖ ont peuplé les campagnes,Croissent dans les vallons,‖ et couvrent les montagnes !O Linnée ! apprends-moi‖ leurs noms et leurs vertus,Leur histoire, leurs mœurs,‖ leurs destins, leurs tribus ;Dans ces étroits canaux‖ qui fait monter la sève ;Pourquoi rampe le lierre,‖ et le cèdre s'élève ;Comment du même sol‖ naissent en même temsEt les poisons mortels‖ et les fruits bienfaisans ;Quel est cet arbrisseau‖ qui végète et respire,Citoyen indécis‖ de l'un et l'autre empire.
Mais dequel mouvement‖ sont animés les airs,Les champs, les bois, les monts,‖ les fleuves et les mers ?Ce n'est plus la Nature‖ immobile et muette,Ce n'est plus de la vie‖ une ébauche imparfaite ;C'est la vie et l'instinct,‖ et presque la raison,Venez, guidez mes pas,‖ Aristote et Buffon,De ce règne nouveau‖ montrez-moi les merveilles,Les mœurs de la fourmi,‖ les travaux des abeilles,L'habitant d'un brin d'herbe‖ et les monstres des eaux ;Montrez-moi les instincts‖ de ces charmants oiseaux,Leurs penchans,leurs amours,‖leurs plaisirs,leurs voyagesLeurs polices, leurs chants,‖ peut-être leurs langages !Admirables objets,‖ tableaux intéressansToujours plus enchanteurs,‖ toujours plus ravissans !
Toutefois ce sont là‖ de vulgaires miracles ;La Nature m’invite‖ à de plus grands spectacles.Quel sublime mortel,‖ d'un vol audacieux,Avec lui tout-à-coup‖ m'emporte dans les cieux ?C'est Newton : je le vois‖ qui couronne sa tête.De mille astres brillants‖ devenus sa conquête.Dans le centre du monde,‖ un compas à la main !D'un air tranquille et fier‖ il s'assied, et soudain.Tous ces globes, errans‖ sous d’éclatantes voûtes,A sa puissante voix‖ reconnaissant leurs routes,L'un par l'autre attirés,‖ accomplissent leur cours,Toujours près de le rompre‖ et le suivant toujours.Bientôt à mes regards‖ des cieux inconnus s'ouvrent,Des régions sans fin‖ devant moi se découvrent,Carrière illimitée,‖ où, par les mêmes lois,Mille univers flottans‖ se meuvent à-la-fois.Je vois de tous côtés,‖ dans ces plaines profondes,Autour d'autres soleils‖ graviter d'autres mondes ;Et, lorsque pour peupler‖ les espaces déserts,Je suis las d'enfanter‖ de nouveaux universLe vide encor s'étend,‖ et, dans son sein immense,Par-delà l'infini‖ l'infini recommence.Éperdu je m'arrête,‖ et j'aperçois par-toutDieu qui soutient, dirige,‖ enferme et borne tout.Mais au-dessus des cieux‖ dans les degrés de l'être,Et plus grand que les cieux‖ puisqu'il peut les connaître,Mon esprit étonné,‖ lui-même s'offre à lui ;Mystérieux abîme,‖ où mon œil éblouiSous le voile sacré‖ d'un éclatant nuage,De la divinité‖ découvre encor l'image.Alors j'ose, en tremblant,‖ contempler sa grandeur,Et de l'éternité‖ sonder la profondeur.Mais ma faible raison‖ se confond et succombe,Et dans un saint effroi‖ sur soi-même retombe.
Ainsi, mes livres seuls‖ pour maîtres, pour témoins,A l'étude en secret‖ je consacre mes soins.Mais puis-je t'oublier,‖ riante Poésie,Ma bienfaitrice, Ô toi‖ dont l'aimable ambroisie.M'enivra si souvent‖ de célestes douceurs ?Avec des soins divers,‖ tes immortelles sœursCultivent à l'envi‖ l'intelligence humaine,Et se sont du savoir‖ partagé le domaine.Chacune a ses travaux,‖ son talent, son emploi,Mais l'immense Nature‖ est toute entière à toi.Une lyre à la main,‖ hôtesse passagère,Tu parcours l'Univers‖ d'une marche légère ;Tu vas semant partout‖ les plus riches couleurs ;Les déserts sous tes pas‖ se couronnent de fleurs ;Je te vois d'une rose‖ orner le front des Grâces,Ou parmi les soleils‖ planer dans les espaces,Te plonger dans l'abîme,‖ ou, d'une aile de feu,Sublime, t'élancer‖ jusqu'au trône de Dieu.Tandis que sur les fleurs‖ d'une vaste prairie.Mille hôtes différens‖ ont choisi leur patrie,Que chacun, à la sienne‖ attaché pour toujours,Voit dans le même lieu‖ naître et finir ses jours ;N'en habitant aucune‖ et les visitant toutes,Et des pleurs de l'Aurore‖ y recueillant les gouttes ;L'abeille y vient chercher‖ ce nectar précieux,Qui charme les mortels‖ et sert d'offrande aux Dieux.Telle, ô Fille du Ciel,‖ dans ta course brillante,Les agrémens divers‖ que chaque art nous présente,Tu sais les recueillir‖ et nous les rends plus doux ;Chacun donne le sien,‖ tu nous les offres tous.
Combien des faux plaisirs,‖ dont la foule est avide,Les charmes sont bornés‖ et la fuite rapide !Ils dépendent du lieu,‖ de l'humeur, du moment ;La volupté d'un âge‖ est pour l'autre un tourment.Muses, dans vos faveurs‖ vous êtes plus égales !Vous les versez partout‖ de vos mains libérales ;Le moindre des mortels‖ jouit de vos appas.Dans toutes les saisons‖ et dans tous les climats,Sous un ciel sans nuage,‖ au milieu des tempêtes,Vous nous offrez des fruits‖ et des fleurs toujours prêtes.Heureux qui dans l'éclat‖ de ses beaux jours naissans,Lorsque tout parle au cour,‖ sollicite les sens,Lorsque la volupté‖ nous tend partout ses chaines,Qu'en torrens embrasés‖ le sang court dans nos veines,Et que, de mille feux‖ notre âme s'allumant,Tout en nous est puissance,‖ ardeur et sentiment ;Heureux qui peut alors‖ savourer vos délices,Qui de sa vie en fleur,‖ vous offre les prémices,De loin sème avec vous‖ pour une autre saison,Et vous donne à régler‖ son cœur et sa raison !Heureux encor, heureux,‖ alors que les annéesDe l'homme déjà mûr‖ fixent les destinées,Celui qui dans vos bras‖ cherchant un doux repos,Y vient de tems en tems‖ oublier ses travaux,Son état ; ses projets,‖ les affaires publiques,Les soins, peut-être, hélas !‖ les chagrins domestiques.Plus heureux, le vieillard,‖ dans l'âge des dégoûts,Qui, de tout dépouillé,‖ retrouve tout en vous !Seul, souffrant, sans appui,‖ réduit à sa faiblesse,Quel baume adoucirait‖ les maux de sa vieillesse ?Le tems jusqu'en leur source‖ a tari ses plaisirs,Glacé son espérance‖ et même ses désirs.De ses sens tour à tour‖ son âme abandonnéeEn elle-même enfin‖ languit emprisonnée,Et même avant la mort‖ semble déjà mourir.Oh ! que vienne l'étude‖ alors le secourir !Pour lui le monde entier‖ renaîtra dans un livre ;Insensible aux assauts‖ que l'âge en vain lui livre,Il peut braver l'ennui,‖ le tems et sa rigueur ;Son âme, en s'exerçant,‖ entretient sa vigueur ;Dans ses veines toujours‖ un jeune sang bouillonne ;Et Sophocle à cent ans‖ peint encor Antigone !
Mais voyez vous ce Grand,‖ dans son farouche accès,Qui fait fuir devant lui‖ femme, enfans et valets ?Aurait-il éprouvé‖ quelque affreuse disgrâce ?Le tems ne permet pas‖ de sortir pour la chasse ;Point de bal à la ville,‖ ou de cercle à la cour :Monseigneur avec lui‖ doit passer tout le jour ;De là naît en son cœur‖ le soin qui le travaille,Et chacun doit trembler‖ lorsque Monseigneur bâille.Malheureux ! l'eut-on vu,‖ victime de l'ennui,Se tourmenter lui-même‖ et tourmenter autrui,S'il eût, plus studieux,‖ dans sa bibliothèque,Appris de Cicéron,‖ d'Horace ou de Sénèque,Qu'on peut seul avec soi‖ passer une heure ou deux,Et, sans forcer un cerf,‖ quand il pleut, être heureux.En ce moment peut-être‖ il verrait dans l'histoireA l'étude s'unir‖ la grandeur et la gloire ;Le guerrier renommé,‖ le grave magistrat ;Le brillant courtisan,‖ le ministre d'état,Souvent loin du barreau,‖ du conseil et des armes,D'un docte passe-tems‖ venir goûter les charmes,Oublier leurs emplois,‖ ou, dans un doux loisir,Même en s'en délassant,‖ s'instruire à les remplir ;Scipion et Térence,‖ associant leurs veilles,Richelieu disputant‖ la palme des Corneilles ;Catinat dans sa terre,‖ et Condé recueilli,Errant, César en main,‖ au bois de Chantilly.Il verrait jusqu'au sein‖ de la grandeur suprêmeLes Muses alléger‖ le poids du diadème,Le sceptre a ses chagrins ;‖ infortunés soucisQue la tendre amitié‖ n'a jamais adoucis !Que je plains un monarque‖ exilé sur son trône,S'il ne vient quelquefois,‖ déposant sa couronneDans ces écrits fameux‖ d'âge en âge transmis,Parmi les morts au moins‖ chercher quelques amis ;Oublier des grandeurs‖ la triste inquiétude,Les humains, leur bassesse‖ et leur ingratitude ;Ou même, environné‖ des enfans des neuf sœurs,D'un plaisir partagé‖ connaitre les douceurs,Et goûter en dépit‖ de l'austère étiquette,La seule égalité‖ que son rang lui permette.Qui surpasse un mortel‖ que la Muse chérit ?L'esprit dans tous les rangs‖ est l'égal de l'esprit.
« Pour les Grands, dira-t-on,‖ rare et beau privilége,Qui leur donne les goûts‖ et les mœurs du collége ;Ainsi, m'offrant partout‖ des pédans à galons,De Vadius titrés‖ vous peuplez nos salons. »De notre tems au moins‖ ce ridicule est rare :Que de sots élégans‖ pour un savant bizarre !Cléon même sait mieux,‖ magistrat jouvenceau,Nous fredonner Grétry‖ que citer d'Aguesseau.Eh quoi !d'ailleurs pour plaire‖ et briller dans le monde,Faudra-t-il de Damis‖ l'ignorance profonde ?Sur le modèle heureux‖ d'Horace et d'Hamilton,Ne peut-on plus unir‖ l'étude et le bon ton ?Socrate quelquefois‖ soupait chez Aspasie ;Et le brillant Boufflers‖ fut de l'académie.
Heureux donc à la ville‖ et dans l'éclat des coursCelui dont les neuf sœurs‖ embellissent les jours !Bien plus heureux aux champs,‖ qui, dans la solitude,S'est fait de leur commerce‖ une douce habitude !Que, portant au hameau‖ les mœurs de Sybaris,Mondor bâille à Meudon,‖ comme il bâille à Paris ;Que toujours désœuvré,‖ fuyant l'aspect d'un livre,Sans le jeu qui l'ennuie‖ il ne sache point vivre,Et qu'un double rideau ;‖ des rayons du soleil ;Quand midi va sonner,‖ garde encor son sommeil.Pour moi, si quelque jour,‖ si d'un réduit champêtre,Au gré de mes souhaits,‖ le destin me fait maître,Je veux ; bien plus habile‖ à remplir mes loisirs,Que le temps trop rapide‖ y manque à mes plaisirs.O mes Auteurs chéris,‖ venez dans mon asile,Horace, Fénélon,‖ La fontaine et Virgile !Quel bonheur dans les champs‖ nous allons éprouver !Que vous m'y ravissez !‖que j'aime à retrouverOu la nature en vous,‖ ou dans vous la nature !Tibulle, est-ce ta Muse,‖ ou cette eau qui murmureDe vos brillans tableaux,‖ de ces brillantes fleurs,Qui déploie à mes yeux‖ les plus riches couleurs ?Que ma ruche me plaît,‖ doux chantre des abeilles ;Quand, ton livre à la main,‖ j'en parcours les merveilles !Qu'avec plaisir je vois‖ de superbes troupeaux,Ainsi que dans ces champs‖ bondir sous tes pinceaux !Qu'avec joie, à l'abri‖ sous un rocher sauvage,Au ciel et dans tes vers‖ j'entends gronder l'orage !Le monde est dans l'effroi ;‖ tout tremble, et de ton versLe vol s'est arrêté :‖ tout-à-coup dans les airsIl répète, en tonnant,‖ les coups de la tempête,Et des monts foudroyés je vois fumer la tête.Tant la Nature plait,‖ tant l'art imitateur,En peignant ses beautés‖ sait enchanter le cœur !
Doux plaisirs, eh ! combien‖ vous l'êtes davantage,Si quelque objet aimé‖ près de moi vous partage !Un beau vers qu'on lit seul‖ n'est goûté qu'à demi ;Mais auprès d'une amante,‖ et surtout d'un ami,Corneille est plus sublime,‖ et Racine est plus tendre.O mon cher Édouard,‖ combien j'aime à t'entendreTout-à-coup m'interrompre,‖ et d'un ton animé,Répéter après moi‖ le vers qui m'a charmé !Qui de nous peut compter‖ sur des jours sans nuages !Eh bien ! si du destin‖ j'éprouve les outrages,Si je suis par le sort,‖ par les hommes trompé,De coups plus déchirans,‖ si quelque jour frappé…,(Contre nos cours, hélas !‖ la fortune a tant d'armes)Sur un tombeau chéri‖ si je verse des larmeMuses, c'est vous encor‖ qui serez mon recours ;Je viendrai de l'étude‖ emprunter les secours,Près de vos favoris,‖ dans vos doctes retraites,Déposer le fardeau‖ de mes peines secrètes ;Et, dans leurs entretiens,‖ mon courage abattuEntendra retentir‖ la voix de la vertu.
Eh ! quels soucis cruels,‖ quelles douleurs amèresNe sauraient adoucir‖ leurs leçons salutaires ?Voyageurs dans la vie,‖ ils furent avant nous,Presque tous malheureux‖ et consolés par vous.Pleurant dans votre sein‖ je vois plus d'un grand homme.La, Cicéron gémit‖ sur sa fille et sur Rome ;Ici, Quintilien,‖vous confiant ses pleurs,Sent déjà quelque charme‖ adoucir ses, douleurs ;J'entends chanter le Dante‖ errant et sans patrie,Et toi, peintre immortel‖ d'Armide et d'Herminie,Homme, amant, citoyen,‖ poëte infortuné,Au fond d'un noir cachot‖ seul, dans l'ombre, enchaîné,On dit que les neuf Sœurs‖ ont daigné le sourire ;Et quelques sons encor‖ échappaient à ta lyre.
Il est des tems affreux‖ et des jours meurtriersOù le malheur s'étend‖ sur des peuples entiers.Quand la Discorde, errant‖ du milieu de nos villes,Souffle partout la haine‖ et les fureurs civiles,Ou qu'épuisée enfin,‖ ses efforts expiransPour couronner son œuvre‖ enfantent les tyrans,De qui dans l'univers‖ implorer l'assistance ?L'infortune est partout :‖ nulle part l'espérance.Le fer ensanglanté‖ demande encor du sang,La gloire et la vertu,‖ le savoir et le rang,Tout succombe ; mais loin‖ de ces scènes tragiques,Le sage s'est enfui‖ dans les siècles antiques.Demain son tour viendra ;‖ mais, attendant son tour,Il trompe l'infortune‖ et lui dérobe un jour.A Sparte, dans Athène‖, ou sur les bords du Tibre,Malgré les oppresseurs‖ il est heureux et libre.Il consulte Socrate,‖ il écoute Platon,Il vit avec Pompée,‖ et Brutus, et Caton ;Son âme est leur amie‖ et leur concitoyenne,Au feu de leurs vertus‖ il allume la sienne ;Et, prenant des leçons‖ de leur noble fierté,Quand tout rampe ou fléchit,‖ garde sa dignité.Voyez-vous ce tyran ?‖ la foule en vain l'ençense,De Ducis, de Delille‖ il entend le silence ;Qu'il soumette à ses lois‖ l'Europe et l'UniversDe leur muse inflexible‖ il n'aura pas un vers.
Mais quel spectacle ici‖ la Fortune m'étale :Les sceptres sont brisés‖ par sa rigueur fatale ;Les peuples sont témoins‖ de revers inouis,Et d'exil en exil‖ je vois errer Louis !O Muses, consolez‖ son illustre infortune !Et jusque sur ces bords,‖ favoris de Neptune,Où la fière Albion‖ rend au sang de nos RoisCette hospitalité‖ qu'elle en reçut deux fois,Muses, suivez ses pas ;‖ d'une aimable princesseImitez, s'il se peut,‖ les soins et la tendresse ;Et si, dans l'heureux tems,‖ dans le tems du pouvoir,Sur les degrés du trône‖ il vous a fait asseoir ;Si, près de lui jadis,‖ d'honneurs environnées,Des rayons de sa gloire‖ il vous a couronnées ;Rendez-lui les présens‖ que vous fit sa grandeur,Sur son front dépouillé‖ mettez votre splendeur ;Faites que, dans l'éclat‖ de sa noble misère,De dix Rois ses vengeurs‖ il paraisse le père ;Et, le comblant enfin‖ de vos dons les plus doux,Méritez ce qu’un jour il doit faire pour vous. . ;Tel est de vos bienfaits‖ l'universel empire ;Muses, dès le berceau,‖ vous daignez nous sourire ;En tous lieux, en tous tems‖ vous marchez sur nos pas ;A la ville, à la cour,‖ au milieu des combats,Dans l'asile des champs,‖ sur de lointains rivages',Vous savez enchanter‖ tous les rangs, tous les âges !Douce société,‖ commerce plein d'attraits,Intéressant toujours,‖ n'importunant jamais ;Le cœur comme l'esprit‖ se forme à votre école ;Par vous croît le bonheur,‖ le malheur se console,La grandeur s'ennoblit ;‖ vous ornez à la foisLa retraite du sage‖ et le palais des Rois,Et vous semez enfin‖ tout le cours de la vieDe plaisirs sans remords‖ et de biens sans envie.
Ah ! si le peuple entier‖ de vos adorateursPour prix de son encens‖ obtient tant de faveurs,A ces mortels, admis‖ jusqu'en vos sanctuaires,A ces Pontifes saints‖ de vos divins mystères,Qui par vous inspirés,‖ vos flambeaux dans les mains,Du pied de vos autels‖ éclairent les humains ;Quels dons réservez-vous,‖ et de quelles délicesSavez-vous, doctes Sœurs,‖ payer leurs sacrifices ?Ineffables plaisirs‖ du vulgaire ignorés !Oh, qui m'élèvera‖ jusqu'à ces rangs sacrés !Que ne puis-je, au milieu‖ de leur foule tranquille,M'abreuver à longs traits‖ du bonheur d'être utile !Que ne puis-je, à l'écart,‖ sans soins, sans passions,Oubliant et le monde‖ et ses illusions,Voir déjà, s'élançant‖ des sphères éternelles,Pour couvrir mon bûcher‖ de ses brillantes ailes,La gloire y recueillir‖ mon immortalité,Et la répandre au loin‖ dans la postérité !
Infortuné ! ! que dis-je,‖ et quel espoir m'abuse ?Reine des doux concerts,‖ Calliope, ô ma Muse !O toi, qui d'un regard‖ honoras mon berceau',Que je veux invoquer‖ jusqu'au bord du tombeau,Viens, ah ! viens, de tes sœurs‖ emprunte tous les charmes.Vous avez, je le sais,‖ essuyé bien des larmes ;Vous avez soutenu‖ des Grands dans leurs revers,Des sages dans l'exil‖ et des rois dans les fers !Pour des maux plus cruels‖ aurez-vous un remède ?Voyez ce malheureux‖ que votre amour possède ;Jeune encor, et déjà‖ de langueur accablé,Loin de vos bois chéris‖ ses maux l'ont exilé.Souvent son sang s'allume,‖ et son œil étincelle ;Il prend encor son luth ;‖ mais sa force infidèleDe son enthousiasme‖ a trahi les élans.Ainsi le voyageur,‖ dans des déserts brûlans,Couché près d'une source‖ où sa soif peut s'éteindre,Dans d'impuissans efforts‖ meurt sans pouvoir l'atteindre :Adieu, plaisirs divins !‖ adieu, charmans accords,Qui de son âme ardente‖ enflammiez les transports !Adieu, chères erreurs !‖ adieu douce fumée !Songes de l'avenir,‖ gloire, éclat, renommée,Noble orgueil du talent‖ qui croit sentir son prix ;Et vous, ô ses travaux,‖ vainement entrepris !On arrache sa lyre à sa main affaiblie,Et, pour sauver ses jours,‖ on vent qu'il vous oublie.Eh ! que lui font sans vous‖ des jours infortunés,Dans l'éternelle nuit‖ en silence entraînés ?Lâches avis ! non, non,‖ qu'il brille et se consume !C'est pour périr bientôt‖ que le flambeau s'allume ;Mais il brûle un moment‖ sur les autels des dieux.Voyez, quand le trépas‖ va lui fermer les yeux,Ce fils de qui l'on veut‖ écarter une mère,Contre son sein mourant‖ il la tient, il la serre,Il lui sourit encor,‖ et, tranquille en ses bras,De la mort qui s'avance‖ il n'entend plus les pas :Tel l'enfant d’Apollon,‖ près de la rive sombre,Embrasse encor la gloire,‖ et s'attache à son ombre.Fuyez, soucis cruels,‖ fuyez, noires terreurs ;Laissant à l'harmonie‖ endormir ses douleurs,Il veut, les yeux fixés‖ sur les fleurs de la rive,Livrer au fier torrent‖ sa barque fugitive,()Et dans l'abîme affreux‖ mollement descendu,Y disparaître enfin‖ sans l'avoir aperçusSous ses doigts défaillans,‖ à l'instant qu'il expire,Un son mélodieux‖ anime encor sa lyre ;Et, bercé par la Muse,‖ à son dernier moment,Dans des rêves de gloire‖ il s'endort doucement.Ainsi, près des autels,‖ de festons couronnéeLa tranquille victime,‖ aux Muses destinée,Regardant sans effroi‖ les sacrificateurs,Tombe au milieu des chants,‖ de l'encens et des fleurs.Tel l'immortel oiseau‖ de l'heureuse Arabie,Lorsque pour la reprendre‖ il va quitter la vie,Se compose à lui-même‖ un bûcher parfumé,Où, des feux du soleil‖ sans douleur consumé,Il renaît tout à coup‖ de ses cendres fumantes,Et, dans des tourbillons‖ de flammes odorantes,Rajeuni par la mort,‖ brillant et glorieux,Il fait loin de la terre,‖ et se perd dans les cieux.
Versification
- Forme
- 20 distiquess (distiques)
- Rimes
- 246((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 20 distiquess
- Mots à la rime
- a m'importune / Fortune féminine, classiqueb fleuris / chéris masculine, classiquec solitude / l'étude féminine, classiqued nourrir / mourir masculine, classiquee promesses / richesses féminine, classiquef faveur / bonheur masculine, classiquea l'âme / flamme féminine, classiqueb d'autel / mortel masculine, classiquec l'intelligence / excellence féminine, classiqued doux / vous masculine, classiquee connaître / naître féminine, classiquef s'affranchit / s'enrichit masculine, classiqueg nature / pure féminine, classiqueh dépossédé / dégradé masculine, classiquei disgrace / place féminine, classiquej soupir / reconquérir masculine, classiquek première / lumière féminine, classiquel fois / droits masculine, classiquem d'absence / naissance féminine, classiquen trésor / encor masculine, classiqueo emblême / lui-même féminine, classiquep vérité / transporté masculine, classiqueq partage / héritage féminine, classiquea mortels / autels masculine, classiqueb idole / frivole féminine, classiquec jamais / sommets masculine, classiqued faiblesse / Sagesse féminine, classiquee éclatans / tems masculine, classiquef rassemble / ensemble féminine, classiqueg divers / l'univers masculine, classiquea scène / promène féminine, classiqueb tableaux / nouveaux masculine, classiquec nues / chenues féminine, classiqued enchanté / l'immensité masculine, classiquee m'appèle / immortelle féminine, classiquef épars / arts masculine, classiqueg succombent / tombent féminine, classiqueh tour-à-tour / jour masculine, classiquei crimes / sublimes féminine, classiquea raison / Platon masculine, classiqueb nécessaires / tributaires féminine, classiquec secrets / intérêts masculine, classiqued puissance / obéissance féminine, classiquee mutuel / universel masculine, classiquea obscure / Nature féminine, classiqueb cristaux / métaux masculine, classiquec terre / guerre féminine, classiqued précieux / cieux masculine, classiquee profonde / monde féminine, classiquea séjour / tour masculine, classiqueb campagnes / montagnes féminine, classiquec vertus / tribus masculine, classiqued sève / s'élève féminine, classiquee tems / bienfaisans masculine, classiquef respire / empire féminine, classiquea airs / mers masculine, classiqueb muette / imparfaite féminine, classiquec raison / Buffon masculine, classiqued merveilles / abeilles féminine, classiquee eaux / oiseaux masculine, classiquef voyages / langages féminine, classiqueg intéressans / ravissans masculine, classiquea miracles / spectacles féminine, classiqueb audacieux / cieux masculine, classiquec tête / conquête féminine, classiqued main / soudain masculine, classiquee voûtes / routes féminine, classiquef cours / toujours masculine, classiqueg s'ouvrent / découvrent féminine, classiqueh lois / à-la-fois masculine, classiquei profondes / mondes féminine, classiquej déserts / univers masculine, classiquek immense / recommence féminine, classiquel par-tout / tout masculine, classiquem l'être / connaître féminine, classiquen lui / ébloui masculine, classiqueo nuage / l'image féminine, classiquep grandeur / profondeur masculine, classiqueq succombe / retombe féminine, classiquea témoins / soins masculine, classiqueb Poésie / ambroisie féminine, classiquec douceurs / sœurs masculine, classiqued humaine / domaine féminine, classiquee emploi / toi masculine, classiquef passagère / légère féminine, classiqueg couleurs / fleurs masculine, classiqueh Grâces / espaces féminine, classiquei feu / Dieu masculine, classiquej prairie / patrie féminine, classiquek toujours / jours masculine, classiquel toutes / gouttes féminine, classiquem précieux / Dieux masculine, classiquen brillante / présente féminine, classiqueo doux / tous masculine, classiquea avide / rapide féminine, classiqueb moment / tourment masculine, classiquec égales / libérales féminine, classiqued appas / climats masculine, classiquee tempêtes / prêtes féminine, classiquef naissans / sens masculine, classiqueg chaines / veines féminine, classiqueh s'allumant / sentiment masculine, classiquei délices / prémices féminine, classiquej saison / raison masculine, classiquek années / destinées féminine, classiquel repos / travaux masculine, classiquem publiques / domestiques féminine, classiquen dégoûts / vous masculine, classiqueo faiblesse / vieillesse féminine, classiquep plaisirs / désirs masculine, classiqueq abandonnée / emprisonnée féminine, classiquer mourir / secourir masculine, classiques livre féminine, classiquet rigueur / vigueur masculine, classiqueu bouillonne / Antigone féminine, classiquea accès / valets masculine, classiqueb disgrâce / chasse féminine, classiquec cour / jour masculine, classiqued travaille / bâille féminine, classiquee l'ennui / autrui masculine, classiquef bibliothèque / Sénèque féminine, classiqueg deux / heureux masculine, classiqueh l'histoire / gloire féminine, classiquei magistrat / d'état masculine, classiquej armes / charmes féminine, classiquek loisir / remplir masculine, classiquel veilles / Corneilles féminine, classiquem recueilli / Chantilly masculine, classiquen suprême / diadème féminine, classiqueo soucis / adoucis masculine, classiquep trône / couronne féminine, classiqueq transmis / amis masculine, équivalenter inquiétude / ingratitude féminine, classiques sœurs / douceurs masculine, classiquet étiquette / permette féminine, classiqueu chérit / l'esprit masculine, classiquea privilége / collége féminine, classiqueb galons / salons masculine, classiquec rare / bizarre féminine, classiqued jouvenceau / d'Aguesseau masculine, classiquee monde / profonde féminine, classiquef d'Hamilton / ton masculine, classiqueg Aspasie / l'académie féminine, classiquea cours / jours masculine, classiqueb solitude / habitude féminine, classiquec Sybaris / Paris masculine, classiqued livre / vivre féminine, classiquee soleil / sommeil masculine, classiquef champêtre / maître féminine, classiqueg loisirs / plaisirs masculine, classiqueh asile / Virgile féminine, classiquei éprouver / retrouver masculine, classiquej nature / murmure féminine, classiquek fleurs / couleurs masculine, classiquel abeilles / merveilles féminine, classiquem troupeaux / pinceaux masculine, classiquen sauvage / l'orage féminine, classiqueo vers / airs masculine, classiquep tempête / tête féminine, classiqueq imitateur / cœur masculine, classiquea davantage / partage féminine, classiqueb demi / ami masculine, classiquec tendre / t'entendre féminine, classiqued animé / charmé masculine, classiquee nuages / outrages féminine, classiquef trompé / frappé masculine, classiqueg d'armes / larme féminine, classiqueh recours / secours masculine, non classiquei retraites / secrètes féminine, classiquej abattu / vertu masculine, classiquea amères / salutaires féminine, classiqueb nous / vous masculine, classiquec homme / Rome féminine, classiqued pleurs / douleurs masculine, classiquee patrie / d'Herminie féminine, classiquef infortuné / enchaîné masculine, classiqueg sourire / lyre féminine, classiquea meurtriers / entiers masculine, classiqueb villes / civiles féminine, classiquec expirans / tyrans masculine, classiqued l'assistance / l'espérance féminine, classiquee sang / rang masculine, classiquef tragiques / antiques féminine, classiqueg tour / jour masculine, classiqueh Tibre / libre féminine, classiquei Platon / Caton masculine, classiquej concitoyenne / sienne féminine, classiquek fierté / dignité masculine, classiquel l'ençense / silence féminine, classiquem l'Univers / vers masculine, classiquea m'étale / fatale féminine, classiqueb inouis / Louis masculine, classiquec infortune / Neptune féminine, classiqued Rois / fois masculine, classiquee princesse / tendresse féminine, classiquef pouvoir / asseoir masculine, classiqueg environnées / couronnées féminine, classiqueh grandeur / splendeur masculine, classiquei misère / père féminine, classiquek empire / sourire féminine, classiquel pas / combats masculine, classiquem rivages / âges féminine, classiquen d'attraits / jamais masculine, classiqueo école / console féminine, classiquep fois / Rois masculine, classiqueq vie / envie féminine, classiquea adorateurs / faveurs masculine, classiqueb sanctuaires / mystères féminine, classiquec mains / humains masculine, classiqued délices / sacrifices féminine, classiquee ignorés / sacrés masculine, classiquef tranquille / utile féminine, classiqueg passions / illusions masculine, classiqueh éternelles / ailes féminine, classiquei immortalité / postérité masculine, classiquea m'abuse / Muse féminine, classiqueb berceau / tombeau masculine, classiquec charmes / larmes féminine, classiqued revers / fers masculine, classiquee remède / possède féminine, classiquef accablé / exilé masculine, classiqueg étincelle / infidèle féminine, classiqueh élans / brûlans masculine, classiquei s'éteindre / l'atteindre féminine, classiquej accords / transports masculine, classiquek fumée / renommée féminine, classiquel prix / entrepris masculine, classiquem affaiblie / oublie féminine, classiquen infortunés / entraînés masculine, classiqueo consume / s'allume féminine, classiquep dieux / yeux masculine, classiqueq mère / serre féminine, classiquer bras / pas masculine, classiques sombre / ombre féminine, classiquet terreurs / douleurs masculine, classiqueu rive / fugitive féminine, classiquev descendu / aperçus masculine, classiquew expire / lyre féminine, non classiquex moment / doucement masculine, classiquey couronnée / destinée féminine, classiquez sacrificateurs / fleurs masculine, classiquea Arabie / vie féminine, classiqueb parfumé / consumé masculine, classiquec fumantes / odorantes féminine, classiqued glorieux / cieux masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
492 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le bonheur de l’étude : discours en vers et autres poésies, Paris, Guillaume et Cie, 1817· numérisation books.google.fr· Sources