Poésies complètes I, 1907· II Veilles du jour et de la nuit La chanson des heures ― La Chansons des mois· II La chanson des mois
Feuilles mortes
I
Une, lente, est tombée.‖ Une autre. Une autre encor.Le vent commence‖ à charrier des feuilles d’or.L’ombre des arbres fuit‖ le long des avenues ;Les branches laissent voir‖ chaque jour plus de nues.Les oiseaux familiers‖ y montent moins souvent,Étant moins à l’abri‖ des regards et du vent.– L’attristante, jolie‖ et poétique pluie !À la regarder choir‖ jamais on ne s’ennuie.De toutes les couleurs,‖ de tous les mouvements,Le prisme entier chatoie‖ en ses déroulements,Et c’est, dans la diversité‖ de ses féeries,Un vol éblouissant‖ de riches pierreries !
II
À voir tourbillonner‖ les feuilles dans l’espace,Comme les jours humains‖ au vent du temps qui passe ;À voir les bois muets‖ et les branches sans nids,Comme des cœurs en proie‖ aux vides infinis ;À voir le ciel de pluie‖ où l’immensité pleure,Comme, par deux beaux yeux,‖ l’âme qu’un amour leurre ;À voir s’évanouir‖ les fleurs sur le sol noir,Comme dans nos esprits‖ le rêve après l’espoir ;À voir la fin de tout‖ ce qui luit et rayonne,De tout ce qui dans la‖ lumière papillonne,J’éprouve je ne sais‖ quoi de dur, de brutal,Comme si je m’en retournais‖ à l’hôpital…
Versification
- Forme
- 2 distiquess (distiques)
- Rimes
- 12((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6=6
- Strophes
- 2 distiquess
- Mots à la rime
- a encor / d’or masculine, classiqueb avenues / nues féminine, classiquec souvent / vent masculine, classiqued pluie / s’ennuie féminine, classiquee mouvements / déroulements masculine, classiquef féeries / pierreries féminine, classiquea l’espace / passe féminine, classiqueb nids / infinis masculine, classiquec pleure / leurre féminine, classiqued noir / l’espoir masculine, classiquee rayonne / papillonne féminine, classiquef brutal / l’hôpital masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Montréal, ?, 1925· numérisation La Bibliothèque électronique du Québec· Sources