Réglages

Mémorisé dans ce navigateur.

Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Poésies complètes I, 1907· II Veilles du jour et de la nuit La chanson des heures ― La Chansons des mois· II La chanson des mois

Les saules

Albert Lozeau· 12 quatrains, octosyllabes, 48 vers

Il fait beau. Midi chauffe l’herbe.L’ombre des maisons s’attiédit.Et le grand soleil d’or superbe,Plus lent dans l’azur, s’alourdit.

Pesant sur l’air tout bleu qu’il brûleEt refoule, on dirait, vers nous,L’astre mourant du crépusculeAu midi nous veut à genoux.

Il nous pèse sur les épaulesEt nous met son feu dans le sang…Oh ! le frais ombrage des saules,Triste, endeuillé, mais frémissant !

En frissons de printemps, il passeNous allégeant l’âme et la chair,L’ombrage saturé d’espaceOù flotte une fraîcheur de mer.

Comme ils sont bons les maigres saules,Pour les vivants et pour les morts !Arbres aimés des nécropolesOù n’entrent jamais les remords !

Que sous votre garde, bons arbres,Je dorme pour l’éternité ;Vous valez bien mieux que les marbres,Trop froids en leur rigidité.

Les oiseaux dans votre feuillageSans peur viennent bâtir leurs nids ;Vous parlez moins du grand voyageQue les marbres et les granits.

Le frais qui tombe de vos branchesContient quelque chose de ceuxDont nous aimâmes les mains blanches,Dont nous adorâmes les yeux !

C’est pourquoi la mélancolieDe vous semble en nappe pleuvoir…Gardiens des tombes qu’on oublie,Qui peut ne s’attrister à voir

Trembler vos longues silhouettesAinsi que de verts souvenirs,Vous, les monuments des poètesQue tueront les durs avenirs !

Oh ! le frais ombrage des saules,Triste, endeuillé, mais frémissant,Lorsque midi, sur les épaules,Lourd du soleil incandescent,

Pèse comme une épaisse chape,Et que de l’esprit angoisséNul penser ailé ne s’échappeEn un vol clair et cadencé !

Versification

Forme
12 quatrains (quatrains)
Rimes
12(abab)
Mètre
Octosyllabes
Strophes
12 quatrains
Mots à la rime
a l’herbe / superbe féminine, classiqueb s’attiédit / s’alourdit masculine, classiquea brûle / crépuscule féminine, classiqueb nous / genoux masculine, classiquea épaules / saules féminine, classiqueb sang / frémissant masculine, non classiquea passe / d’espace féminine, classiqueb chair / mer masculine, classiquea saules / nécropoles féminine, classiqueb morts / remords masculine, équivalentea arbres / marbres féminine, classiqueb l’éternité / rigidité masculine, classiquea feuillage / voyage féminine, classiqueb nids / granits masculine, classiquea branches / blanches féminine, classiqueb ceux / yeux masculine, classiquea mélancolie / oublie féminine, classiqueb pleuvoir / voir masculine, classiquea silhouettes / poètes féminine, classiqueb souvenirs / avenirs masculine, classiquea saules / épaules féminine, classiqueb frémissant / incandescent masculine, classiquea chape / s’échappe féminine, classiqueb angoissé / cadencé masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.5· écart moyen à la rime classique 0.2

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

48 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Montréal, ?, 1925· numérisation La Bibliothèque électronique du Québec· Sources